Pigeon Voyageur : Santé, Mue, Paratyphose, Tumeurs et Résistances aux Antibiotiques – Le Guide Vétérinaire Essentiel

La saison colombophile étant désormais terminée, c’est la période où de nombreux amateurs consultent leur vétérinaire pour préparer correctement leurs pigeons voyageurs à la grande mue. Cette phase cruciale nécessite une santé parfaite : si un pigeon présente un problème au moment de la mue, celle-ci peut se ralentir, se dégrader, voire s’arrêter. Un plumage mal renouvelé impacte directement les performances de la prochaine saison sportive.
Les compléments destinés à soutenir la mue ne sont réellement efficaces que si les pigeons sont en excellente santé. Lorsque les examens réalisés à cette période ne révèlent aucune maladie, les risques de contamination avant la prochaine saison d’élevage sont faibles, les pigeons ne se rendant plus au panier. En revanche, si vous achetez de nouveaux sujets en arrière-saison, une quarantaine stricte accompagnée d’une analyse des fientes reste indispensable avant toute intégration dans le colombier.
Tumeurs chez le pigeon : comprendre les formes bénignes et malignes
Contrairement à certaines idées anciennes, les pigeons voyageurs peuvent développer des tumeurs. Il est essentiel de distinguer :
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Les tumeurs bénignes, bien délimitées, généralement sans impact sur les tissus environnants et souvent retirables sans complication.
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Les tumeurs malignes, plus agressives, adhérant fortement aux tissus proches, provoquant des modifications de couleur de la peau et nécessitant une évaluation minutieuse pour éviter les risques de métastases.
Cette distinction permet de déterminer le traitement adapté et d’évaluer les risques pour la santé du pigeon.
Paratyphose pendant la mue : une menace sous-estimée
Une observation marquante a été faite : durant certaines années, un nombre élevé de cas de paratyphose est diagnostiqué en pleine période de mue.
La majorité présente une forme intestinale (amaigrissement, diarrhée), tandis que la forme articulaire apparaît plus rarement.
Normalement, il est déconseillé d’utiliser des antibiotiques ou de vacciner les pigeons pendant la mue, car ces interventions peuvent perturber le renouvellement du plumage. Toutefois, lorsqu’une infection est déclarée, il devient indispensable de traiter. Une combinaison trimétoprim–sulfaméthoxazole donne souvent de bons résultats sans compromettre la mue, même chez les jeunes.
Les amateurs ayant rencontré des cas de paratyphose durant la mue doivent répéter la cure une fois le plumage totalement renouvelé, suivie d’une vaccination avant la période d’accouplement.
Cas extrêmes : nouvelles maladies, E. coli agressif et mortalités importantes
Certains colombiers connaissent des pertes massives, notamment lors de l’apparition de maladies nouvelles contre lesquelles les pigeons n’ont pas encore développé d’anticorps. Les premières années sont souvent marquées par une forte mortalité, suivie d’une stabilisation naturelle au fil du temps, notamment pour l’Herpès virus ou certaines formes d’E. coli.
Un cas particulièrement frappant illustre cette situation : dans un colombier de 29 pigeons, 17 sont morts en quelques jours. Les analyses n’ont révélé aucun parasite ni salmonelle, mais le laboratoire sanitaire a isolé une souche d’E. coli dans le cœur, extrêmement agressive et résistante à presque tous les antibiotiques, y compris l’enrofloxacine (Baytril).
La néomycine fut le seul antibiotique efficace sur cette souche.
Ce cas rappelle une réalité importante : les bactéries s’adaptent et deviennent résistantes lorsqu’on utilise mal ou trop souvent les antibiotiques.
Prévenir les résistances : règles essentielles pour les colombophiles
Pour éviter de favoriser les résistances aux antibiotiques chez les pigeons voyageurs, quelques règles doivent absolument être respectées :
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Ne traiter que lorsque c’est strictement nécessaire et après diagnostic.
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Ne jamais sous-doser et respecter toute la durée du traitement.
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Ne pas utiliser d’antibiotiques puissants, comme le Baytril, en prévention au retour des concours.
Lorsqu’un antibiotique majeur devient inefficace, les options thérapeutiques restantes sont extrêmement limitées.
[ Source: Article édité par Dr. Nanne Wolf – Revue PIGEON RIT ]
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