Pigeon Voyageur et Colombophilie : Soins, Sélection Naturelle et Plaisir du Jeu
Le rôle essentiel des petits amateurs dans la colombophilie
La colombophilie repose avant tout sur la passion et la persévérance des amateurs, petits ou grands. Notre sport ne peut se passer de ces « petits » amateurs, véritables piliers de nos sociétés colombophiles. Si nous les perdions, c’est l’âme même de nos locaux qui disparaîtrait.
Être un petit amateur, au sens noble du terme, c’est savoir rester passionné sans se décourager, même face aux « vedettes » aux grands paniers et aux multiples prix. Si vous réussissez à remporter deux, trois ou quatre prix sur cinq pigeons engagés, vous attirerez le respect des plus expérimentés. Et si vos cinq pigeons manquent un concours, cela ne représente que cinq échecs, là où d’autres en comptent cinquante.
Les petits amateurs qui brillent avec peu de moyens méritent une admiration sincère. Ils démontrent que la valeur d’un colombophile ne se mesure pas à la taille de son colombier, mais à la qualité de ses soins et à sa constance.
Lors des rentrées au local, certains aiment comparer les performances entre bureaux, ce qui finit souvent par gâcher l’ambiance. Pourtant, il faut savoir rester réaliste : si le vent ou la météo sont contraires, inutile de se fâcher contre soi-même ou ses pigeons. La sagesse du colombophile consiste à savourer le moment, attendre calmement les résultats… pourquoi pas autour d’une bonne bière !
La colombophilie, c’est aussi cela : la passion sans amertume, la rigueur sans excès et le plaisir du jeu partagé.
1. Soins journaliers : l’hygiène, clé du bien-être
Un colombophile attentif doit veiller à la santé et au confort de ses pigeons voyageurs. L’aération du colombier est primordiale : selon la température et le vent, il faut adapter l’ouverture des fenêtres pour maintenir un air frais et pur.
Le nettoyage quotidien évite les mauvaises odeurs et limite la prolifération des parasites. J’offre à mes pigeons une petite salle de bain où certains se baignent chaque jour. Je n’ajoute rien à l’eau du bain, mais je place sous les casiers un pot de confiture percé, contenant quelques gouttes de Parasit-Ex toutes les deux ou trois semaines. Grâce à cette méthode simple, je n’ai presque jamais de poux, de mites ou de moustiques.
La volée quotidienne est un véritable baromètre de santé. Si les pigeons volent mal, il faut revoir les soins, car une petite négligence suffit parfois à altérer leur forme. L’observation reste l’arme la plus précieuse du colombophile.
2. Alimentation : adapter les mélanges selon la saison et le jeu
En période chaude, les compléments (vitamines, médicaments, oligo-éléments) doivent être distribués de préférence sur les graines plutôt que dans l’eau, où ils perdent rapidement leur efficacité.
Utilisez de petits abreuvoirs (un quart à un demi-litre) et faites boire vos pigeons avant la volée et après le repas. Ainsi, les produits restent frais et actifs. C’est une méthode économique, car les grands abreuvoirs entraînent souvent un énorme gaspillage d’eau potable.
L’alimentation doit être adaptée à la nature du jeu : les pigeons de vitesse mangent moins que ceux de fond ou de demi-fond. Trop nourrir les femelles les pousse à pondre, ce qui peut perturber leur forme.
Les pigeons de fond, quant à eux, nécessitent une alimentation riche en matières grasses. Personnellement, mes veufs, engagés sur plus de 500 km, s’entraînent deux heures par jour et reçoivent un mélange énergétique enrichi de maïs, cacahuètes et chanvre.
Chaque jour, mes pigeons reçoivent également du grit frais, du vitaminerai, des légumes du jardin et, en alternance, de l’huile ou du jus de légumes sur les graines, mélangés à de la levure de bière. Parfois, j’ajoute un peu de Nutri-Power pour renforcer leur résistance et leur vitalité.
Enfin, assurez-vous que tous vos pigeons commencent le repas ensemble : cela évite qu’un seul groupe ne s’accapare les meilleures graines.
3. Médicaments : éviter la surmédication
Trop d’amateurs cèdent à la mode des cures à répétition, souvent trop fortes et inutiles. Cette tendance affaiblit les pigeons au lieu de les renforcer. J’ai décidé, pour ma part, de réduire considérablement le nombre de cures cette saison.
Le but : vérifier si les résultats sont réellement liés aux produits… ou à la qualité naturelle de mes pigeons.
La surmédication n’est pas synonyme de santé. En colombophilie, la prévention et l’observation valent mieux que les traitements abusifs.
4. Sélection naturelle : la clé du progrès
Réduire les traitements signifie renforcer la sélection. Un pigeon qui vole mal est souvent en mauvaise santé ou simplement sans valeur sportive.
Garder trop de pigeons médiocres, c’est gaspiller du temps, de l’argent et de l’énergie. Dans un contexte économique difficile, mieux vaut peu de bons pigeons que beaucoup de moyens.
On dit souvent aux amateurs : « Sois patient. »
Je préfère dire : « Garde seulement les meilleurs, et sépare-toi des autres. »
Avec moins de pigeons, mais mieux sélectionnés, le plaisir et les résultats reviendront naturellement.
5. Les concours : viser juste pour garder le plaisir
Chaque colombophile doit faire un choix clair : viser les championnats ou privilégier quelques concours ciblés.
Personnellement, je recommande la seconde option : elle réduit le stress et renforce la motivation.
Certains amateurs participent simplement pour le plaisir, sans ambition particulière, heureux de quelques prix bien mérités. Leur satisfaction vient du contact avec leurs pigeons, et cela mérite le plus grand respect.
Le mois de juin marque le début de la saison de fond : souhaitons bonne chance à tous ceux qui s’y lancent, dans le respect de leurs pigeons et de l’esprit sportif de la colombophilie.
Conseils pratiques à retenir :
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🌿 Maintenez une aération optimale et une hygiène irréprochable dans le colombier.
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🪶 Adaptez l’alimentation selon la distance et la saison.
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💧 Préférez les compléments sur les graines plutôt que dans l’eau.
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⚖️ Réduisez les cures médicamenteuses et privilégiez la sélection naturelle.
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🕊️ Jouez pour le plaisir avant tout, sans perdre de vue le bien-être de vos pigeons voyageurs.
[ Source: Article édité par M. Jaak Nouwen – Revue PIGEON RIT ]
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