Pigeon Voyageur : Soins, Alimentation et Organisation au Cœur de la Colombophilie Moderne
Savoir, Pouvoir et Organisation : les Fondements du Succès Colombophile
En colombophilie, savoir et pouvoir sont deux notions bien distinctes. Un colombophile désorganisé, même expérimenté, ne pourra jamais tirer le meilleur de ses pigeons voyageurs. Certains amateurs refusent d’admettre leurs erreurs, oubliant que les pigeons, tout comme les enfants, ont besoin d’un guide attentif pour progresser.
Il est essentiel de vérifier chaque soir que tout a été fait pour maintenir vos pigeons en bonne santé et les amener à leur plus haut niveau de forme. Sans tomber dans l’excès, la régularité et la rigueur dans les soins sont indispensables pour obtenir des résultats constants.
L’organisation reste la clé : un nombre raisonnable de pigeonneaux, une méthode de jeu simple comme le veuvage, des pigeons naturellement robustes et un programme de soins clairs. Mon approche repose sur la simplicité : huile d’ail, levure de bière, Naturaline, vinaigre de pommes, Naturavit Plus et Nutri-Power une fois par semaine. À cela s’ajoutent un bain quotidien et des légumes frais du jardin. En période de fortes chaleurs, je change régulièrement le Parasit-ex dans les bocaux pour éliminer les poux et autres parasites.
Les Soins Quotidiens : Observation et Discipline
Chaque matin, je me lève tôt pour observer mes pigeons. Leur impatience à voir les fenêtres s’ouvrir est déjà un signe de vitalité. J’examine ensuite leur état général : un nez blanc, des yeux brillants, un plumage soyeux et des fientes bien formées sont autant d’indicateurs d’une bonne condition.
Quand je les libère, j’observe immédiatement leur vol. Un vol bas, lent ou trop groupé signale une forme insuffisante. En revanche, un vol vif et fluide prouve un excellent état. Mes pigeons volent environ une heure matin et soir, et pour stimuler le groupe, j’introduis chaque année un ou deux yearlings célibataires. Si besoin, j’utilise un drapeau pour prolonger leur vol.
Le sport colombophile est aussi bénéfique pour la santé humaine : il m’oblige à rester actif et à éviter sédentarité et stress. Entre 10 h et 17 h, je laisse mes pigeons tranquilles — ce temps est réservé à ma famille, mes amis, le vélo et le jardin.
L’Alimentation du Pigeon Voyageur : Simplicité et Équilibre
L’alimentation est un pilier essentiel du succès. Mes pigeonneaux, éleveurs et voyageurs reçoivent le même mélange : 60 % de grains d’élevage et 40 % de dépuratif. Chez les jeunes, je cesse de nourrir quand un tiers d’entre eux se rend à l’abreuvoir. Les veufs, eux, disposent de trente minutes pour manger à volonté.
Je complète toujours leur ration avec un seau contenant du grit, des petites graines, du chanvre et des cacahuètes, afin de renforcer leur vitalité et leur attachement au colombier. Pour les concours de plus de 500 km, ce mélange spécial m’aide à accroître leurs réserves énergétiques.
La distribution au sol, une demi-heure après le repas du soir, est un excellent test de condition : les pigeons les plus en forme se distinguent par leur rapidité, leur curiosité et l’éclat de leur plumage.
Médicaments et Hygiène : Priorité au Naturel
Pour de nombreux colombophiles, la gestion des médicaments reste un véritable défi. Les visites vétérinaires sont coûteuses, et sans ordonnance, il est difficile d’obtenir certains produits. De plus, les réglementations actuelles compliquent l’accès aux traitements.
Plutôt que de recourir à des médicaments pour humains, je privilégie une approche naturelle. Je n’administre des produits que lorsque c’est indispensable, et uniquement ceux accessibles sans prescription en magasin spécialisé. Les pigeons qui ne se maintiennent pas facilement en santé sont éliminés : c’est une sélection naturelle, juste et économique.
Les Pedigrees et la Sélection
Je conserve soigneusement les pedigrees de mes pigeons, mais je ne les laisse jamais influencer ma sélection. Les critères sont simples : performance, reproduction et résistance. Un pigeon qui ne remporte pas de prix, ne produit pas de bons jeunes ou tombe souvent malade doit partir.
Les pedigrees me servent surtout à comprendre quelles lignées excellent en vol ou à l’élevage, pour optimiser les futurs accouplements.
Les Concours : Exigence et Auto-Évaluation
Avant chaque concours, je n’enloge que les pigeons en parfaite forme, beaux en main et bien présentés. Participer avec des oiseaux médiocres serait inutile.
Je note tous les résultats dans un tableau de suivi, ce qui me permet d’évaluer facilement la saison et la performance de chaque pigeon. En cas d’échec, je n’accuse pas la météo ou le hasard : je remets en question ma préparation. Un bon colombophile doit savoir reconnaître sa part de responsabilité.
Conclusion : La Colombophilie, un Art de Discipline et de Passion
La réussite en colombophilie repose sur trois piliers : l’organisation, la régularité et l’observation. Un colombophile attentif, qui respecte ses routines et garde ses méthodes simples, obtient des résultats durables. Les pigeons voyageurs ne demandent qu’à exprimer leur potentiel — encore faut-il leur offrir les conditions idéales pour le faire.
[ Source: Article édité par M. Jaak Nouwen – Revue PIGEON RIT ]
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