Pigeon voyageur quand arreter le veuvage et bien gerer la mue pour preserver la forme et la sante
10 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : quand arrêter le veuvage et bien gérer la mue pour préserver la forme et la santé

Pigeon voyageur quand arreter le veuvage et bien gerer la mue pour preserver la forme et la sante

Arrêter à temps les concours avec les veufs

Le début du mois d’août marque la période où il est grand temps d’accorder un repos définitif aux pigeons voyageurs. Après trois ou quatre mois de veuvage, il est évident que les mâles sont saturés du petit jeu du « je te mets ta femelle, je t’enlève ta femelle ». Il devient alors difficile de maintenir un semblant de forme au colombier de veuvage. De plus, la grande mue approche : dès que les petites plumes du corps commencent à tomber, la grande forme disparaît.

Les mâles ayant dû subir un élevage hivernal ou d’avant-saison en sont souvent à muer leur quatrième ou cinquième plume fin juillet ou début août. Jusqu’à la quatrième rémige, il n’y a guère de problème, mais attention lorsque la cinquième plume tombe. À ce moment précis, la grande mue peut se déclencher soudainement du jour au lendemain. Il est fortement déconseillé de jouer un veuf qui vient de perdre sa cinquième plume. Lors de l’enlogement, ils paraissent encore magnifiques, mais après deux jours de panier et un temps chaud, ils reviennent péniblement, dépourvus de plumes de couverture. Inutile de dire que les « casquettes » sont nombreuses dans ces conditions. Et si le temps est pluvieux ou orageux, ces mêmes pigeons risquent de se perdre avec une facilité déconcertante. Le système le plus sûr consiste donc à les laisser tranquilles au colombier dès que la cinquième plume commence à tomber.


Élever une tournée de jeunes après la saison sportive

Lorsqu’on réaccouple les veufs après la saison sportive, la ponte ne tarde presque jamais. Dès qu’ils commencent à couver, les petites plumes tombent d’abord, puis la grande mue suit. Dans mon propre colombier, les veufs peuvent élever une tournée de jeunes après les concours et même recouver pendant une dizaine de jours. En ne laissant qu’un seul jeune au plateau, ils se remplument facilement et rapidement.

Et, ma foi, si le temps le permet, lors d’un beau dimanche, je n’hésite pas à les jouer sur un gros jeune à Noyon (220 km) à grand rayon. Il est de règle qu’un excellent veuf « marche » encore très fort lorsqu’il est joué en arrière-saison sur un gros jeune. Je suis même convaincu que jouer un veuf au naturel sur gros jeune, lors d’un ou deux concours d’arrière-saison, n’occasionne aucun inconvénient pour la saison suivante.

En revanche, ce que je ne ferai plus jamais, c’est laisser élever deux tournées de tardifs à mes veufs. Fin 1983, j’avais acheté quelques œufs chez un très bon amateur, dans l’idée de renforcer ma colonie avec ces nouvelles introductions. N’ayant que mes veufs disponibles, je leur fis élever une seconde tournée de tardifs. Je n’y vis sur le moment aucun risque, mais un amateur expérimenté, ayant jadis fait la même erreur, me prédit une mauvaise saison. Sur le coup, je ne prêtai guère attention à ses propos.

Lorsque la saison 1984 débuta, le rendement de mes veufs fut bien en dessous de mes attentes. Était-ce dû à ces deux élevages ? Je ne peux l’affirmer avec certitude, mais pour éviter de revivre pareille situation, j’ai décidé de ne laisser élever qu’une seule fois un jeune après la saison, puis de les laisser recouver une dizaine de jours avant de les séparer afin que la mue se poursuive dans le calme et la quiétude.


Soins nécessaires après le jeu

On dit volontiers que c’est durant la mue que se prépare la future campagne. Il y a sans doute une part de vérité dans ce proverbe. Les vrais pigeons de compétition doivent toujours être bien soignés, mais je considère malgré tout la période de mue comme une période de repos — pour le pigeon comme pour le colombophile.

Dès que les sexes sont séparés, les veufs n’ont plus besoin que d’une moitié de poste. Nettoyer une fois par jour cette demi-surface n’a rien d’un travail de titan. Ceux qui souhaitent encore moins de travail peuvent simplement fermer les casiers et placer des perchoirs devant les loges des mâles. C’est une solution simple et pratique, surtout en période hivernale. Les femelles s’accouplent alors moins vite entre elles, et il n’est pas nécessaire de nettoyer les perchoirs chaque jour. On peut même laisser les fientes quelques jours ou semaines au colombier, à condition qu’il soit parfaitement sec.

Je suis personnellement partisan de l’hygiène quotidienne, mais je constate que les risques de contamination restent extrêmement faibles avec des pigeons parfaitement sains qui ne sont plus en contact avec d’autres voyageurs. Notre hobby ne doit pas devenir une corvée.

Quand je jouais uniquement la vitesse, je nettoyais deux fois par jour durant les concours. Avant et après la saison sportive, lorsque mes pigeons étaient sur nid, je ne le faisais plus qu’une fois par jour. Et en période de repos, une fois les sexes séparés, je n’utilisais mon grattoir qu’une fois par semaine.


L’art de nourrir et l’exercice en période de mue

Quand les veufs sont remis en ménage après la saison des concours, je leur donne un mélange spécial « mue ». Dans les colombiers des pigeonneaux et des pigeonnelles, la transition alimentaire s’effectue à peu près au même moment. Les pigeons participant encore à des concours de vitesse reçoivent également ce mélange. Seuls ceux engagés sur La Souterraine continuent d’être nourris avec un mélange « sport ».

Personnellement, je ne donne jamais de supplément de petites graines ou de graines de lin pendant la mue. En revanche, j’accorde une grande importance à la levure de bière. En cette période, mes pigeons en reçoivent abondamment, mélangée aux graines, et j’ai remarqué – peut-être à tort – que le plumage est plus doux et de meilleure qualité avec ce complément.

Je poursuis ce traitement jusqu’à la pousse complète de la dernière rémige primaire. Fin décembre ou début janvier, je délaisse progressivement le mélange « mue » pour passer au mélange « dépuratif ». Pour casser un peu la monotonie et varier le menu, j’ajoute de temps en temps – une fois par semaine tout au plus – quelques poignées de mélange « sport » ou « élevage ». J’adopte cette méthode jusqu’à l’approche des accouplements, moment où je repasse à un mélange « élevage ».

En hiver, après la mue, je ne nourris qu’une fois par jour, en quantité suffisante. Qu’il reste quelques graines d’orge dans la mangeoire ne me dérange pas, mais si elles ne disparaissent pas après quelques heures, je réduis légèrement la ration suivante.

Durant la mue, les pigeons n’aiment guère voler. Pourquoi les contraindre à s’exercer alors que leur instinct les pousse au repos ? Une volée par semaine suffit largement — voire moins. Beaucoup d’amateurs enferment leurs pigeons tout l’hiver et obtiennent pourtant d’excellents résultats chaque année. Ce dont les pigeons ont réellement besoin, ce sont de bains : un par semaine n’est pas de trop.

Ceux qui ne pratiquent pas d’élevage hivernal peuvent alors souffler un peu et savourer un repos bien mérité !

A. Roodhooft


Notes à retenir

  • Un excellent veuf peut encore très bien performer lorsqu’il est joué en arrière-saison sur un gros jeune.

  • Les risques de contamination sont minimes chez des pigeons sains n’ayant plus de contact avec d’autres voyageurs.

  • Donner un bain hebdomadaire en période de mue et de repos n’est pas excessif. Même lorsque la température descend en dessous de zéro, un pigeon en bonne santé n’hésitera pas à se baigner dans l’eau froide — un signe indéniable de vitalité !


[ Source: Article édité par M. André Roodhooft – Revue PIGEON RIT ]

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