Pigeon voyageur : comprendre et prévenir les maladies qui nuisent à la forme

À part les petites poquettes, qui n’empêchent pas les pigeons atteints de réaliser de bonnes performances, même en tête de classement, trois maladies principales sont responsables, au printemps et en été, des difficultés que rencontre le colombophile pour mettre ses oiseaux en forme ou pour les y maintenir.
1. La morve (ou coryza)
Je la cite en premier lieu, car c’est elle qui apparaît le plus souvent dès que les pigeons reprennent l’entraînement, notamment lorsqu’ils sont en contact avec ceux d’autres amateurs. C’est aussi la première à frapper les oiseaux qui doivent voler par temps humide.
Ce qui est remarquable, c’est que la morve sévit fréquemment encore lorsque les pigeons doivent rentrer par temps chaud.
Je me souviens de Fernand Colman, un spécialiste tel qu’on en rencontre rarement. Bien qu’il ne fût pas vétérinaire, il m’a souvent montré des pigeons apparemment en pleine forme mais légèrement atteints de morve. Même une atteinte minime suffisait à empêcher ses meilleurs veufs de se classer à la hauteur de leur valeur.
Beaucoup d’amateurs croient que si l’on appuie fortement sur les narines d’un pigeon atteint de coryza, il en sortira des mucosités. Ce n’est pas impossible, mais dans ce cas, la maladie est déjà bien avancée. Il est d’ailleurs fortement déconseillé d’appuyer sur les narines d’un pigeon : leur intérieur est très sensible et s’irrite facilement, ce qui peut justement provoquer une morve chez un oiseau encore sain.
Des narines et bordures d’yeux blanches et sèches indiquent, neuf fois sur dix, que le pigeon n’est pas atteint. Une légère pression sur les narines doit confirmer que l’intérieur est sec. Dans le cas contraire, même sans écoulement visible, on peut considérer le sujet comme légèrement atteint.
Traitement conseillé : enfermer le pigeon au colombier lorsque le temps est humide. Deux ou trois jours sans vol (voire davantage) ne nuisent pas à la condition ni à la forme. Il faut simplement réduire la ration, supprimer temporairement les grosses graines et les albumineuses, et préférer un mélange dépuratif agrémenté de levure de bière.
Un autre signe de coryza, indiquant un stade plus avancé, est le bâillement fréquent, accompagné parfois de grattage des narines et d’éternuements. Il faut toutefois rester prudent : un pigeon éternue souvent à cause de la poussière, et le bâillement peut simplement révéler un encombrement digestif. Dans ce cas, un jeûne de 24 heures suffit souvent à rétablir la situation.
Au troisième stade, les narines deviennent grises, humides et perdent leur fine poudre. En ouvrant le bec, on observe parfois un fil de glaire. Ce symptôme peut aussi provenir d’une alimentation trop riche, mais le changement de couleur des muqueuses du bec et de la gorge est un signe sûr. Si elles pâlissent, cela peut indiquer une anémie consécutive à la morve ou à une autre maladie.
À ce stade, une intervention rapide et énergique s’impose. Il existe aujourd’hui des médicaments efficaces contre le coryza — il est recommandé de consulter un vétérinaire.
En prévention :
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éviter les sorties par temps brumeux, pluvieux ou humide,
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fournir une nourriture légère,
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nettoyer fréquemment les abreuvoirs,
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et, si possible, utiliser des abreuvoirs individuels.
Les colombophiles négligents laissent parfois la maladie évoluer davantage. Les pigeons atteints hérissent le plumage, paraissent frileux ou fiévreux, perdent de la prestance, se montrent abattus, et n’ont plus de poudre sur les rémiges ni de taches d’huile.
Il faut alors vérifier l’absence de courants d’air et empêcher l’air humide de pénétrer dans le colombier. Si nécessaire, changez la direction de l’aération pour bloquer le froid.
2. La coccidiose
La deuxième maladie qui empêche les pigeons de monter en forme, ou de la conserver, est la coccidiose.
Ce sont encore une fois les variations de température et l’humidité qui la rendent virulente.
Quelques coccidies dans l’intestin d’un pigeon ne sont pas graves. Le danger apparaît seulement lorsque ces parasites se multiplient massivement.
Il faut attirer ici l’attention sur un point capital :
➡️ Ne jamais mettre d’antiseptique dans l’eau de boisson.
Les antiseptiques sont inefficaces contre les coccidies et détruisent les bons microbes qui leur font concurrence, favorisant ainsi la prolifération du parasite.
Une analyse microscopique annuelle des fientes est vivement conseillée.
Si l’infection est importante, il faut traiter médicalement et désinfecter le plancher du colombier.
Deux ennemis naturels des coccidies :
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Le soleil, qui détruit leurs œufs grâce aux rayons ultraviolets (à condition qu’ils ne soient pas filtrés par le verre).
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Le sel de cuisine, en solution à 15 % dans de l’eau bouillante, pour le nettoyage des planchers et casiers (deux fois à quinze jours d’intervalle). Après un quart d’heure, sécher avec du blanc de pigeonnier avant de remettre les oiseaux.
La première désinfection tue les parasites sortis du corps, la seconde élimine ceux encore présents. Ensuite, il suffit de maintenir le colombier sec et propre.
Si des corniches sales se trouvent à proximité, recouvrez-les de treillis pour empêcher la contamination : la dépense est minime comparée au bénéfice sanitaire.
3. La trichomonose
Enfin, la troisième maladie est la trichomonose, extrêmement répandue.
Elle est causée par un micro-organisme unicellulaire, le Trichomonas.
Là encore, un antiseptique dans l’eau de boisson est inutile, voire nuisible, car il détruit la flore intestinale bénéfique du pigeon.
La trichomonose n’a pas besoin d’être à un stade aigu pour altérer les performances.
Les veufs ou pigeons adultes ayant nourri des jeunes atteints de « jaune » (ou muguet, terme impropre) sont souvent porteurs chroniques du parasite.
Tant qu’on ne leur demande pas d’efforts excessifs, ils semblent en bonne santé.
Mais un concours difficile, sous la pluie ou le froid, suffit à rendre la maladie virulente.
Les signes évocateurs sont :
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des narines irritées,
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des yeux larmoyants,
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des paupières humides,
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et parfois des points blancs non calcifiés dans la bouche ou la gorge.
Des médicaments spécifiques existent aujourd’hui pour la traiter efficacement.
Mais la meilleure arme reste la prévention :
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éliminer l’humidité au colombier,
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et nettoyer les gouttières environnantes.
Ces mesures simples permettent de freiner deux des plus grands ennemis de la forme : la coccidiose et la trichomonose.
[ Source: Article édité par M. Henry Landercy – Revue PIGEON RIT ]
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