Balances – pigeon voyageur
Le temps de la précision
Notre époque est devenue celle de la précision. Ce que l’on préparait autrefois « à vue de nez », à la poignée ou au mètre, est aujourd’hui mesuré au millimètre près. Le millimètre et le milligramme paraissent presque grossiers, tant on recherche désormais, dans les fientes de pigeons dopés, quelques microgrammes de corticoïdes (millièmes de milligramme). De même, on apprend que certains antibiotiques s’administrent au dixième de milligramme par kilo de poids vif.
Pendant ce temps, beaucoup continuent à distribuer les graines à la poignée, à la cuillère à soupe, etc. Les traditionalistes diront qu’ils s’en portent très bien et que leur doigté vaut toutes les balances du monde. Certes, cela peut être vrai pour quelques artistes… mais ils sont loin d’être majoritaires. Qui n’a jamais trouvé l’un de ses pigeons trop léger à l’enlogement, et un autre trop lourd ? Et que signifient réellement ces notions de trop léger ou trop lourd ? Par rapport à quoi ?
De grands amateurs ont eu l’idée de peser leurs meilleurs pigeons et de tenir des statistiques précises sur le rapport entre le poids corporel et les résultats obtenus. C’est une démarche logique : tous les athlètes humains, tout comme les chevaux de course, sont régulièrement pesés. Bien sûr, la plupart des colombophiles reculent devant ce surcroît de travail et préfèrent conserver une part d’imprévu dans les résultats. Mais il ne fait aucun doute que de nombreux professionnels ont désormais intégré ces données dans leurs logiciels de gestion pour optimiser la préparation de leurs pigeons.
Plus simplement, il faut retenir le principe de précision dans la distribution de la nourriture.
Même sans aller jusqu’à la pesée au gramme près, il est indispensable de connaître les quantités réellement distribuées. La courbe de récupération du pigeon, après le concours précédent, doit être régulière pour atteindre le poids optimal au moment de l’enlogement. Cette récupération progressive permet d’éviter les difficultés rencontrées par de nombreux veuvistes, notamment ces veufs qui refusent de s’alimenter la veille du concours.
En début de semaine, on conseille généralement des mélanges dits dépuratifs, c’est-à-dire pauvres en protides (sans légumineuses), mais riches en amidon et en cellulose. Ce type d’alimentation nettoie l’intestin (grâce à la cellulose) et reconstitue les réserves énergétiques directement utilisables (glycogène), tout en ménageant le foie et les reins (faible production d’urée).
Cette pauvreté en protides empêche la formation excessive de muscle et limite la prise de poids. Mais dès que la ration « veufs » — riche en légumineuses (protides) et en oléagineuses (graisses) — est servie, le pigeon reprend rapidement du poids.
Mais… combien a-t-il réellement mangé ?
Les publications spécialisées parlent souvent de « 15 grammes le matin, 20 grammes le soir ». Ailleurs, on lit : « Pour 40 pigeonneaux, une boîte à pois de mélange matin et soir. » Très bien, mais combien pèse une boîte à pois ? Et ces 15 ou 20 grammes, à quoi correspondent-ils exactement ?
Sans cette connaissance, la plupart des amateurs, attendris par un pigeon gourmand ou capricieux, ajoutent « un petit supplément »… une poignée ou deux. Mais une poignée, ça représente combien ?
L’importance de la balance
Il ne faut pas sous-estimer les conséquences de ces approximations. En plein été, quand les besoins caloriques diminuent à cause de la chaleur, les pigeons volent moins, mais mangent souvent autant. Résultat : en quelques jours, on obtient des pigeons obèses, apathiques, voire malades. La saison est alors compromise.
Tout cela montre combien il est utile d’avoir une idée chiffrée de ce que l’on distribue. Autrement dit : posséder une bonne balance, et s’en servir. Il ne s’agit pas de peser chaque pigeon, mais de savoir ce que reçoit chaque lot.
Le colombophile attentif peut ainsi adapter la ration selon la condition physique ou le gabarit de chaque sujet. Un petit pigeon a des besoins moindres qu’un grand. En pratiquant une alimentation individualisée — par case, par exemple — on peut atteindre sans difficulté la condition physique optimale de chacun.
Conseils pratiques
Pour mieux comprendre, j’ai moi-même pesé différents contenants couramment utilisés en colombophilie, avec deux types de mélanges :
-
un mélange d’hiver (50 % d’orge),
-
un mélange d’élevage (35 % de légumineuses).
Hormis les boîtes de conserve pour les distributions collectives, je recommande vivement l’étalonnage de quelques mesures plastiques (celles que l’on trouve dans les boîtes de sirop, de lait infantile, etc.). Il suffit de peser le contenu sur une petite balance pour connaître la quantité exacte de graines contenue dans chaque mesure. En identifiant la dose correspondant à 15 g et celle à 20 g, on sait alors exactement ce que l’on distribue, jour après jour, avec constance et précision.
Dr Vét. J.-P. Stosskopf
Notice :
Selon le Dr Stosskopf, il est essentiel d’avoir une notion chiffrée de la nourriture donnée aux pigeons. C’est pourquoi de nombreux amateurs utilisent aujourd’hui des cuillères ou des boîtes calibrées pour assurer une alimentation précise et équilibrée à leurs pigeons.
[ Source: Article édité par Dr. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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