Vaccin colombovac PMV/PDX contre la variole et la paramyxovirose.

Le laboratoire Solvay-Duphar commercialise un vaccin, le Colombovac PMV/Pox, qui offre une protection en une seule injection contre deux maladies virales du pigeon : la variole et la paramyxovirose.
Ce nouveau vaccin a été mis au point par l’École vétérinaire de Liège, avec la collaboration de Jean-Pierre Duchatel, assistant du professeur Henri Vindevogel, qui a largement contribué à son développement.
Nous lui avons posé une série de questions concernant ce nouveau vaccin.
1. Le nouveau vaccin Colombovac PMV/Pox vient d’être mis sur le marché en Belgique. En quoi consiste-t-il et quelle est son efficacité ?
Le Colombovac PMV/Pox est un vaccin combiné injectable par voie sous-cutanée, sous la peau du cou.
Il offre une protection complète en une seule injection contre deux maladies virales du pigeon : la variole et la paramyxovirose.
2. S’agit-il d’un seul vaccin ? Quand faut-il vacciner et combien de fois par an (pigeons adultes et pigeonneaux) ?
Il s’agit d’un vaccin à deux composants :
-
une souche de virus de la variole du pigeon atténuée et lyophilisée,
-
un vaccin inactivé contre la paramyxovirose, à adjuvant aqueux (Colombovac PMV).
Ce vaccin permet donc de protéger les pigeons contre deux maladies en une seule injection de 0,2 ml.
Une vaccination annuelle est recommandée.
3. Faut-il vacciner les vieux pigeons chaque année avec le Colombovac PMV/Pox, puis répéter la vaccination avec le Colombovac PMV pendant l’hiver ?
Je conseille de vacciner les vieux pigeons chaque année au mois de mars ou d’avril, c’est-à-dire 15 jours avant les premiers entraînements ou concours.
Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de revacciner pendant l’hiver avec le Colombovac PMV, puisque la protection contre la paramyxovirose dure une année entière.
4. La vaccination est-elle sans risques ?
Aucune réaction locale ni générale n’a été observée après vaccination avec le Colombovac PMV/Pox.
Les pigeons peuvent être nourris et lâchés normalement : le colombophile ne doit en aucun cas modifier la gestion de sa colonie.
Des tests réalisés à la Station d’Élevage Natural ont montré que la vaccination n’affecte pas la fertilité.
Des groupes de mâles et de femelles ont été vaccinés 15 jours avant, le jour même ou 3 jours après l’accouplement.
Les résultats ont démontré aucune différence quant au nombre et à la qualité des jeunes sevrés, comparés à un groupe témoin non vacciné.
5. Pourquoi faut-il vacciner chaque année contre les poquettes et la diphtérie avec le Colombovac PMV/Pox ?
Ne dit-on pas qu’une vaccination suffit pour la vie ?
Aucune étude scientifique n’a prouvé qu’une seule vaccination contre la variole protégeait les pigeons à vie.
Sur le terrain, il arrive qu’un pigeon vacciné soit naturellement “revacciné” par contact avec des pigeons porteurs du virus dans les paniers d’enlogement, sans que l’amateur s’en rende compte.
Cette revaccination naturelle renforce la protection. Les problèmes apparaissent surtout quand cette exposition n’a pas lieu.
C’est pourquoi il est préférable de vacciner chaque année.
6. Certains vétérinaires affirment qu’il ne faut plus vacciner contre la paramyxovirose après deux ou trois vaccinations. Qu’en pensez-vous ?
Il est probable qu’après deux vaccinations annuelles successives avec le Colombovac PMV ou le Colombovac PMV/Pox, la protection dure plus d’une année.
Cependant, aucune donnée scientifique ne fixe précisément la durée de cette protection.
Il faut en effet évaluer des critères fins tels que la réexcrétion et la dissémination du virus, et seules des études contrôlées en laboratoire permettent d’apporter des réponses fiables.
7. Comment procéder à la vaccination ?
Au moment de la vaccination, la souche de variole lyophilisée est réhydratée dans la suspension aqueuse du Colombovac PMV.
Les pigeons doivent être vaccinés dès l’âge de six semaines, par injection sous-cutanée dans le cou (dose de 0,2 ml).
8. Quel délai est nécessaire pour obtenir une protection après la vaccination ?
Selon la notice, il est conseillé d’éviter tout contact avec d’autres pigeons pendant les trois semaines suivant la vaccination des jeunes.
Cette précaution découle du protocole des tests scientifiques effectués trois semaines après inoculation.
Cela ne signifie pas que la protection ne débute qu’après trois semaines — selon moi, les pigeons sont déjà protégés après deux semaines.
9. Pourquoi attendre l’âge de six semaines pour vacciner ? Peut-on protéger avant ?
Les essais ont été réalisés sur des pigeons âgés de six semaines, ce qui explique cette recommandation.
Il n’y a aucun danger immédiat à vacciner plus tôt (par exemple au sevrage), mais l’immunité n’est pas encore pleinement développée avant cet âge.
En cas d’urgence, il convient de demander l’avis du vétérinaire, qui décidera du protocole à suivre.
10. Quelle est l’action du vaccin sur des pigeons déjà infectés ?
Le but d’un vaccin est de prévenir une maladie, non de la traiter.
Cependant, des expériences antérieures à la Clinique aviaire ont montré que le Colombovac PMV, utilisé en milieu infecté, pouvait atténuer les symptômes, notamment la diarrhée.
On peut donc s’attendre à un effet similaire avec le Colombovac PMV/Pox.
11. Peut-on réutiliser un flacon entamé ?
Non. Aucun test n’a été effectué en ce sens ; il est donc déconseillé de réutiliser un vaccin entamé.
12. À quelle température conserver le vaccin ? Peut-on l’utiliser à température ambiante ?
Le vaccin doit être conservé au réfrigérateur.
Il peut être utilisé à température ambiante sans inconvénient au moment de la vaccination.
13. Certains colombophiles utilisent depuis longtemps le Newcavac (paramyxovirose) et l’Ovo-Peristerin (poquettes et diphtérie), moins chers, sans problème. Pourquoi recommandez-vous quand même le Colombovac PMV/Pox ?
Le Newcavac est un vaccin destiné aux poules contre la maladie de Newcastle, à adjuvant huileux.
Nos essais en laboratoire ont montré la supériorité de l’adjuvant aqueux sur l’huileux.
L’injection sous-cutanée de 0,2 ml de vaccin huileux chez le pigeon n’assure pas une protection optimale et peut entraîner des réactions locales (granulomes) ou, rarement, un choc mortel.
De plus, ce stress vaccinal peut réactiver un herpèsvirus latent, responsable du coryza.
Le vaccin Ovo-Peristerin, quant à lui, est efficace mais nécessite une application folliculaire complexe (arracher 10 à 12 plumes à la cuisse sans blesser la peau).
Cette méthode est fastidieuse et peut provoquer une inflammation locale.
Le Colombovac PMV/Pox, lui, s’administre simplement par injection unique, sans réaction secondaire, et protège contre deux maladies à la fois.
C’est donc au colombophile de choisir, mais le Colombovac PMV/Pox reste plus sûr, plus pratique et plus complet.
14. Le vaccin est-il vendu sous prescription ?
Oui. Le Colombovac PMV/Pox est délivré sur prescription vétérinaire.
15. Peut-on utiliser les vaccins séparément (par exemple, Colombovac PMV pour les vieux et Colombovac Pox pour les jeunes) ?
Non. Le composant Pox ne peut pas être utilisé seul.
Si le Colombovac PMV est utilisé sans son composant Pox, celui-ci est perdu.
16. Que faire si les pigeons ont déjà été vaccinés il y a deux ou trois mois avec le Colombovac PMV ?
Deux options sont possibles :
-
vacciner uniquement contre la variole avec l’Ovo-Peristerin,
-
ou utiliser le Colombovac PMV/Pox, sans danger, qui fera office de rappel paramyxovirose + vaccination variole.
17. La vaccination peut-elle influencer les performances des pigeons ?
Non. Le Colombovac PMV/Pox n’a aucun effet négatif sur les performances sportives des pigeons.
Ing. J.-P. Duchatel
Remarque finale
Concernant la vaccination contre la variole, les avis divergent.
Certains recommandent une vaccination annuelle, d’autres estiment qu’une seule suffit.
En pratique, les pigeons jeunes, souvent enlogés et exposés, développent une revaccination naturelle par contact répété avec le virus, ce qui renforce leur immunité à vie.
Ainsi, un amateur qui vaccine ses jeunes une fois contre la variole et les joue beaucoup n’a généralement pas besoin de revacciner.
Le risque résiduel d’infection demeure faible — à chacun d’évaluer la situation selon son expérience et son environnement.
[ Source: Article édité par Ing. J.P. Duchatel – Revue PIGEON RIT ]
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La vaccination des pigeons: le colombovac paratyphus
Paratyphose et vaccination chez le pigeon

