Pigeon voyageur : prévenir plutôt que guérir pour une santé naturelle et durable
Pigeon voyageur : prévenir plutôt que guérir, la clé d’un colombier sain
« Parler de quatre sujets dans une seule chronique, n’est-ce pas un peu exagéré ? » — voilà sans doute la question que se poseront certains en lisant ce titre.
Qu’ils se rassurent : mon intention n’est pas de tout aborder à la fois, mais bien de revenir sur une idée essentielle concernant le pigeon voyageur, que j’ai souvent voulu développer.
Au fil de mes visites chez de nombreux amateurs et des discussions qui s’en sont suivies, j’ai pu constater que le colombophile moderne a parfois tendance à multiplier les cures, les piqûres et les médicaments, plutôt que de miser sur la prévention naturelle, les soins réguliers et la qualité de l’entretien du colombier.
Prévenir les accidents
Je ne prétends pas traiter ici des maladies en détail ; je ne suis pas vétérinaire, et tout ce que je sais, je l’ai appris par l’expérience.
Je souhaite simplement évoquer certains accidents évitables dans nos installations. Trop souvent, un manque d’attention dans la conception ou l’aménagement du colombier entraîne des blessures inutiles.
Un colombophile attentif veillera à ce que le pigeonnier soit conçu sans angles dangereux : aucune pointe saillante, aucun clou ou crochet inutile.
Le lattis du plancher, s’il existe, devrait comporter des ouvertures d’au moins 45 mm, permettant aux pigeons de dégager la tête sans risque.
Un colombier bien conçu doit ressembler à une boîte en bois soignée, sans fentes où la poussière, les parasites ou la vermine pourraient s’accumuler. Propreté et sécurité vont de pair.
Garder la santé intacte
Ces derniers temps, on me pose souvent la même question :
« Gust, que faut-il faire pour maintenir ses pigeons en parfaite santé ? »
Beaucoup savent que prévenir vaut mieux que guérir, mais espèrent encore un produit miracle capable de remplacer les soins quotidiens. Hélas, il n’en existe pas — et tant mieux, pour le bien du sport.
Les questions reviennent souvent :
« Que puis-je donner à mes pigeons voyageurs pour les accoupler au bon moment ? »
« Quelles cures faire avant la saison sportive ? »
« Comment garder mes pigeons en santé parfaite toute l’année ? »
La réponse est simple : aucun médicament ne remplace le soin quotidien.
L’entretien du colombier, l’observation et la régularité sont les véritables clés de la réussite.
Propreté : un atout majeur
L’hygiène est le fondement d’une santé durable. Pourtant, c’est souvent le point le plus négligé.
Un colombier propre doit être nettoyé chaque jour, même en hiver : raclette, brosse, et soin du moindre recoin.
On devrait pouvoir, dit-on, « manger sur le plancher » tant il est net.
Les abreuvoirs méritent aussi une attention particulière : choisissez-les larges et faciles à nettoyer.
Pas besoin d’exagérer — la régularité suffit.
Et surtout, désinfectez tout le matériel deux fois par an : colombier, accessoires, paniers (par exemple avec un demi-litre d’eau de Javel pour dix litres d’eau).
Ces gestes simples épargnent bien des ennuis et maintiennent vos pigeons voyageurs dans une forme optimale.
Des pigeons sains par nature
Comme pour l’être humain, un pigeon faible ne deviendra jamais un athlète, même avec les meilleurs soins.
Bâtissez votre équipe sur une lignée saine et résistante : des pigeons robustes, adaptés à votre environnement, et non des oiseaux fragiles élevés sous cloche.
Un pigeon fort résiste naturellement aux microbes et infections légères.
À l’inverse, les pigeons beaux mais faibles — de véritables « plantes de serre » — n’ont pas leur place dans un colombier de compétition.
Des médicaments, mais avec raison
Aujourd’hui, on observe un abus de médicaments dans de nombreux colombiers.
Certains amateurs testent sans discernement tout ce que leur voisin utilise.
Grave erreur : beaucoup plus de pigeons sont détruits que guéris par un usage excessif de produits chimiques.
Les médicaments ne doivent être utilisés que sur avis vétérinaire, et uniquement quand c’est nécessaire.
Mieux vaut prévenir par la nature que guérir à la pharmacie.
Comme le disait un grand expert :
« L’exagération ne peut être que nuisible. »
Conclusion
La santé du pigeon voyageur ne s’achète pas en bouteille.
Elle se construit jour après jour dans un colombier propre, sec, bien ventilé, avec une alimentation équilibrée et une observation attentive.
C’est là le secret du succès durable : prévenir, comprendre, et respecter la nature de ses pigeons.
[ Source: Article édité par M. Gust Ducheyne – Revue PIGEON RIT ]
Pour vous abonner au Magazine PIGEON RIT – Cliquez sur le bouton ci-dessous !
L’élimination des maladies chroniques – pigeon voyageur
Le duvet d’hiver – pigeon voyageur


