Paramyxovirose du pigeon voyageur prevention et solutions
25 octobre 2025 Par admin

Paramyxovirose du pigeon voyageur : prévention et solutions

Paramyxovirose du pigeon voyageur prevention et solutions

La santé du pigeon voyageur repose sur un équilibre fragile entre prévention, hygiène, alimentation adaptée et vigilance médicale constante. Parmi toutes les affections auxquelles le pigeon voyageur est exposé, la paramyxovirose (PMV) demeure l’une des menaces les plus redoutées. Présente chaque année, cette maladie virale affecte principalement les pigeonneaux non vaccinés ou affaiblis, mais peut également toucher les adultes lorsque leur résistance organique diminue.

Bien que l’hiver entraîne souvent une quasi-disparition des cas, les vétérinaires et colombophiles constatent systématiquement une réapparition dès les mois de mars-avril. Ces épisodes précoces, parfois rares mais significatifs, devraient suffire à rappeler que la vigilance doit rester permanente. La réalité est simple : la paramyxovirose ne disparaît jamais vraiment. Elle circule, se transmet facilement au panier, et profite de chaque faiblesse du pigeon voyageur pour se développer.

Pourtant, malgré l’importance du sujet, beaucoup d’amateurs hésitent encore à en parler ouvertement. Il existe une réticence, parfois par gêne ou par peur du jugement, à évoquer les cas rencontrés. Cette absence de partage complique la prévention collective. Pourtant, plus l’information circule, plus la protection du pigeon voyageur s’améliore.

Cet article exhaustif propose une analyse complète de la paramyxovirose : transmission, symptômes, erreurs fréquentes, gestion des pigeonneaux, vaccination La Sota, prévention durable, protocole d’urgence, soutien nutritionnel, ainsi que des conseils pratiques fondés sur l’expérience de terrain et la médecine vétérinaire colombophile.


1. Paramyxovirose : comprendre le virus pour mieux protéger le pigeon voyageur

La paramyxovirose, provoquée par le virus PMV-1, touche chaque année des milliers de pigeons en Europe. Ce virus extrêmement contagieux possède une capacité de propagation remarquable, en particulier dans les conditions de transport et de concurrence du pigeon voyageur.

1.1. Une maladie saisonnière… mais jamais totalement absente

Durant l’hiver, on observe souvent une baisse spectaculaire des cas, car les conditions climatiques ralentissent la circulation virale. Cependant :

  • Dès mars-avril, les premiers cas réapparaissent.

  • La maladie augmente ensuite progressivement.

  • Les flambées les plus importantes surviennent en août et septembre, période critique pour les pigeonneaux joués intensivement.

La raison est simple : la plupart des vieux pigeons sont vaccinés, mais une grande partie des pigeonneaux ne l’est pas, notamment chez les amateurs négligents ou mal informés. De plus, les jeunes soumis à un calendrier de concours lourd voient leur résistance diminuer.

1.2. Pourquoi les vieux pigeons sont moins touchés ?

Le pigeon voyageur adulte bénéficie généralement :

  • d’une vaccination annuelle régulière,

  • d’une immunité plus stable,

  • d’un terrain organique plus solide,

  • d’une fatigue moins intense puisqu’il n’est pas surjoué durant la même période.

Ainsi, la paramyxovirose touche essentiellement les pigeonneaux lorsque leur organisme est affaibli par :

  • la fatigue cumulative des entraînements et concours,

  • des carences vitaminiques (A, D3, E, B-complexe),

  • des carences en oligo-éléments (fer, zinc, sélénium, magnésium),

  • des carences en acides aminés essentiels,

  • une charge de stress importante.

Cette baisse progressive de résistance constitue le terrain idéal pour la multiplication du virus.


2. Transmission : comment la paramyxovirose atteint le pigeon voyageur ?

2.1. Le panier, principal lieu de contamination

Tous les experts l’affirment : la contamination se fait presque toujours au panier.

On a vu des dizaines d’amateurs, parfois de la même région, appeler un vétérinaire en affirmant :

« Cela a pris trois jours après le retour du même concours ! »

Cela n’a rien d’un hasard.

Les conditions du panier facilitent :

  • le contact direct entre pigeons,

  • le partage de la même eau,

  • l’ingestion de graines tombées sur des fientes,

  • l’exposition prolongée en cas de retard du lâcher,

  • la stagnation du virus dans un espace confiné.

Lorsque le concours est retardé de 24 heures, la contamination est encore plus importante, car les pigeons :

  • boivent longtemps dans les abreuvoirs communs,

  • picorent des graines contaminées par les fientes,

  • respirent dans un espace saturé de particules virales.

2.2. Temps d’incubation

La paramyxovirose se manifeste rapidement :

  • 2 à 3 jours après contamination.

C’est la signature typique du PMV.


3. Symptômes : comment reconnaître la paramyxovirose chez le pigeon voyageur ?

Les signes cliniques peuvent varier d’un sujet à l’autre, mais suivent généralement une évolution classique.

3.1. Forme digestive (la plus fréquente)

  • Torpeur, abattement

  • Appétit réduit

  • Diarrhée très liquide, parfois inondante

  • Soif augmentée

  • Perte de poids rapide

3.2. Forme nerveuse (plus rare au début)

Il s’agit de troubles neurologiques :

  • torticolis,

  • tête penchée ou tournée vers le haut,

  • mouvements saccadés,

  • perte de coordination : picorer à côté des graines,

  • troubles visuels temporaires.

Un point extrêmement important :

On n’observe jamais diarrhée et symptômes nerveux simultanément sur le même pigeon.

Cependant, les deux formes peuvent se succéder :

  • d’abord diarrhée,

  • puis symptômes nerveux,

  • ou l’inverse.

3.3. Mortalité : un mythe à démystifier

Il est essentiel de rappeler :

  • 95 % des pigeons atteints guérissent naturellement, même si les symptômes sont impressionnants.

  • Les amateurs qui annoncent « 50 % de mortalité » ont en réalité tué eux-mêmes les sujets, par découragement ou méconnaissance.

Un pigeonneau ayant déjà prouvé sa valeur mérite d’être soigné, car 90 % de ces sujets redeviennent performants.


4. Gestion d’un foyer de paramyxovirose dans un colombier

4.1. Isoler ou pas ?

Tout dépend de la situation initiale :

  • Si 50 % des pigeonneaux présentent des symptômes dès le départ → isoler ne sert à rien.

  • Si seulement quelques sujets sont touchés → isolation impérative.

4.2. La guérison naturelle

Le pigeon voyageur possède une grande capacité de récupération :

  • 95 % guérissent,

  • certains gardent un petit tic de la tête,

  • mais redeviennent souvent performants.

Les cas rares où un pigeon ne sait plus se nourrir seul imposent un choix à l’amateur.


5. Protocole d’urgence : la prémunition avec le vaccin vivant La Sota

Lorsqu’un foyer démarre, les heures comptent.
La stratégie recommandée depuis des décennies par les vétérinaires colombophiles repose sur la prémunition par un vaccin vivant La Sota.

5.1. Principe

Le virus La Sota est un virus poule, vivant, mais non dangereux pour le pigeon voyageur. Il agit ainsi :

  • Il occupe la place dans l’organisme.

  • Le virus PMV-1 ne peut plus s’y installer.

  • La protection est immédiate (en 24 h).

  • Elle dure 3 à 4 semaines.

5.2. Dosage exact

Le vaccin n’est efficace qu’à 5 à 10 doses poussin par pigeon.

Soit :

  • Flacon 1 000 doses poussin → pour 100 à 200 pigeons.

Si vous avez moins de pigeons :

  • utilisez moins de solvant,

  • mélangez avec de l’eau distillée + 1 à 2 ml de lait.

5.3. Mode d’administration (obligatoire)

Jamais dans l’eau de boisson :
→ Le vaccin y meurt en quelques minutes, sans aucune action.

Méthode correcte :

  • Enfermer les pigeons dans des paniers,

  • Instiller 2 gouttes dans chaque narine,

  • Instiller 1 goutte dans chaque œil.

5.4. Compléments nécessaires durant les 8 jours suivants

Pour stabiliser les pigeons :

1) Boost vitaminique à très forte dose

En particulier :

  • Vitamines A, D3, E,

  • Complexe B,

  • Vitamine C.

2) Pansement intestinal sur les graines pendant 8 jours

(terre, charbon végétal, levures, pectines)

Cette combinaison :

  • réduit la diarrhée,

  • augmente la résistance générale,

  • améliore la récupération.


6. Pourquoi la cortisone est dangereuse pour le pigeon voyageur

Certaines personnes croient bien faire en administrant de la cortisone pour réduire la fatigue.
Erreur grave.

Effets secondaires :

  • La cortisone diminue la fatigabilité à court terme,

  • mais affaiblit la résistance immunitaire,

  • bloque la formation des anticorps,

  • rend la vaccination d’urgence totalement inefficace.

Un pigeonneau sous cortisone + non vacciné =
victime quasi certaine de la paramyxovirose en fin d’été.


7. Carences, fatigue et déclin du terrain organique

Le pigeon voyageur fatigué devient vulnérable à la paramyxovirose.
Les principales causes :

1. Carences vitaminiques

Les vitamines A, E et B sont essentielles :

  • A → muqueuses respiratoires solides,

  • E → système immunitaire,

  • B → système nerveux.

2. Manque d’oligo-éléments

Notamment :

  • zinc,

  • sélénium,

  • cuivre,

  • fer.

3. Carence en acides aminés essentiels

Ils influencent :

  • la musculature,

  • le foie,

  • l’immunité.

4. Jeux intensifs prolongés

Jusqu’à épuisement des pigeonneaux qui sont “à la peine”.

Conséquences :

  • terrain affaibli,

  • opportunité pour le PMV,

  • flambée des cas en août-septembre.


8. Vaccination préventive : la clé absolue pour protéger le pigeon voyageur

La prévention est simple, efficace, peu coûteuse et sans alternative valable.

8.1. Quand vacciner ?

À faire au sevrage :

  • Entre 4 et 6 semaines,

  • Sous-cutané ou intramusculaire profond,

  • Vaccins huileux recommandés (les plus fiables).

8.2. Protection obtenue

  • 100 % en 15 jours,

  • Durée : 6 à 10 mois selon la qualité immunitaire individuelle.

8.3. Coût ridicule pour un résultat maximal

  • Environ 1 franc belge / 0,02 € par pigeon (équivalent moderne : quelques centimes).

8.4. Pourquoi tant d’amateurs ne vaccinent-ils pas ?

Parce que :

  • ils croient que le risque est faible,

  • ils pensent que “cela n’arrive qu’aux autres”,

  • ils écoutent des racontars,

  • ils jouent “à fond” des pigeonneaux non vaccinés.

Erreur fatale.

La conclusion est sans appel :

Un pigeonneau non vacciné + concours intensifs = candidat quasi certain à la paramyxovirose.


9. Pourquoi certains pigeons guéris redeviennent excellents en concours

Le pigeon voyageur dispose d’une extraordinaire résilience.
Lorsqu’il a déjà prouvé sa valeur, il est rentable de le soigner.

Exemple rapporté par un vétérinaire :

  • un mâle pigeonneau → 7 prix de tête,

  • contracte la PMV en octobre → torticolis sévère,

  • guéri après 2 mois,

  • yearling → 11 prix sur 12 engagements malgré un tic résiduel.

Les symptômes nerveux ne condamnent pas systématiquement.


10. Protocole nutritionnel et hygiénique pour renforcer le terrain du pigeon voyageur

La prévention globale repose sur trois axes :

10.1. Alimentation riche et variée

  • mélange sportif équilibré,

  • graines riches en acides aminés (pois, fèves),

  • huiles végétales naturelles (lin, colza),

  • levures de bière,

  • extraits de foie ou de poisson,

  • plantes immunostimulantes (ail, origan, thym).

10.2. Compléments essentiels

  • polyvitamines 1 à 2 fois/semaine,

  • oligo-éléments,

  • électrolytes après l’effort,

  • acides aminés après concours.

10.3. Hygiène du colombier

  • éviter l’humidité,

  • ventilation correcte sans courant d’air,

  • nettoyage quotidien des perchoirs,

  • désinfection régulière des abreuvoirs.

Un colombier propre + pigeons résistants =
barrière naturelle contre la PMV.


Conclusion : la paramyxovirose ne doit plus surprendre aucun colombophile

La paramyxovirose est une maladie parfaitement connue, parfaitement prévisible, et parfaitement évitable lorsqu’on adopte une gestion rigoureuse du pigeon voyageur. La vaccination reste la seule arme réellement efficace. La prémunition La Sota, quant à elle, constitue un outil exceptionnel lorsqu’un foyer éclate soudainement.

  • La maladie circule chaque année.

  • Les pigeonneaux non vaccinés sont les principales victimes.

  • La contamination se fait presque toujours au panier.

  • 95 % des pigeons guérissent quand ils sont soignés correctement.

  • La vaccination dès le sevrage protège presque à 100 %.

Les arguments contre la vaccination n’ont aucune valeur scientifique.
Les faits sont solides, constants, confirmés depuis des décennies.

Protéger le pigeon voyageur, c’est vacciner tôt, prévenir intelligemment et agir rapidement au moindre symptôme.

Avec une gestion appropriée, un colombier peut rester totalement indemne de paramyxovirose pendant toute la saison.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P. Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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