Pigeons Voyageurs et Chaleur dEte Prevenir Naturellement les Maladies comme la Trichomonose la Coccidiose et le Coryza
6 novembre 2025 Par admin

Pigeons Voyageurs et Chaleur d’Été : Prévenir Naturellement les Maladies comme la Trichomonose, la Coccidiose et le Coryza

Pigeons Voyageurs et Chaleur dEte Prevenir Naturellement les Maladies comme la Trichomonose la Coccidiose et le Coryza

Introduction : quand la chaleur cache des menaces invisibles

Avec les fortes chaleurs du mois de juillet, les colombophiles le savent bien : les pigeons voyageurs sont soumis à rude épreuve. L’été, censé favoriser la montée en condition et la forme athlétique, coïncide pourtant souvent avec une recrudescence inquiétante de maladies telles que la trichomonose, la coccidiose et le coryza.
Ces affections, bien connues mais parfois sous-estimées, compromettent la santé, la forme et la performance des pigeons, surtout lorsque les conditions d’humidité et de chaleur se combinent.

Nous allons ici comprendre pourquoi ces maladies se propagent si rapidement, comment les prévenir efficacement, et pourquoi une hygiène rigoureuse — même exemplaire — ne suffit pas toujours à protéger un colombier.


1. Trichomonose, Coccidiose et Coryza : le trio redouté de l’été

Ces trois affections sont parmi les plus fréquentes durant les mois chauds :

  • La trichomonose est causée par un parasite unicellulaire, Trichomonas gallinae, qui se développe dans le jabot et la gorge du pigeon. Elle provoque des lésions, une baisse d’appétit et une perte rapide de condition.

  • La coccidiose, due à un protozoaire intestinal, provoque des diarrhées, une assimilation réduite des nutriments et une fatigue générale.

  • Le coryza, souvent d’origine bactérienne (diplocoques), complique fréquemment ces deux infections en affaiblissant les voies respiratoires.

Ces maladies apparaissent souvent en chaîne : un pigeon affaibli par la chaleur et la fatigue devient la cible idéale pour ces agents pathogènes.


2. Le rôle du climat : chaleur, humidité et contamination

Les conditions atmosphériques estivales jouent un rôle déterminant dans la propagation des maladies.
L’oocyste de coccidie, par exemple, doit séjourner quelque temps à l’air libre avant de devenir infectieux. Ce délai est d’autant plus court que la chaleur et l’humidité augmentent.

Les temps lourds et orageux, typiques de juillet, offrent donc un terrain idéal pour la maturation rapide des oocystes. En quelques heures, ils deviennent infectants et se disséminent dans le colombier par la poussière, les fientes ou l’eau de boisson.

La trichomonose, elle, profite des mêmes conditions : chaleur et stagnation de l’eau accélèrent sa multiplication. C’est pourquoi il est crucial, pendant ces périodes, de redoubler de vigilance, de renouveler l’eau de boisson plusieurs fois par jour, et de maintenir les installations parfaitement aérées.


3. L’hygiène : indispensable, mais pas infaillible

Un nettoyage minutieux et biquotidien du colombier élimine une grande partie des agents pathogènes : oocystes, œufs de vers, bactéries, poussières contaminées…
Mais croire que « deux nettoyages par jour suffisent à tout prévenir » est une erreur fréquente.

De grands champions colombophiles de l’après-guerre, pourtant réputés pour la propreté clinique de leurs installations — abreuvoirs individuels, mangeoires séparées, soins rigoureux — ont vu leurs pigeons frappés par des épisodes de coryza et de trichomonose.
Pourquoi ? Parce que la contamination, bien que retardée, n’avait pas été empêchée.

La propreté réduit le risque, mais ne détruit pas les parasites ni leurs formes de résistance. Les œufs de vers, les oocystes et les trichomonas persistent sur les surfaces, dans les recoins humides ou dans les graines tombées au sol.


4. Les limites des désinfectants chimiques

Beaucoup de colombophiles mettent une confiance totale dans les désinfectants commerciaux. Les produits de type « élixir désinfectant » X, Y ou Z ne sont pas inefficaces — ils détruisent de nombreux microbes — mais ils ne suffisent pas à enrayer la contamination globale.

L’eau de boisson, souvent désinfectée, n’est pas le seul vecteur de transmission. Une simple graine, prise dans le bec d’un pigeon malade et relâchée, peut contaminer celui qui la reprend.
De plus, les désinfectants chimiques n’agissent pas sur les parasites :

  • Les œufs de vers sont protégés par une coque extrêmement résistante.

  • Les trichomonas se mettent en dormance lorsque le milieu leur est défavorable, puis reprennent leur activité dès que les conditions redeviennent propices.

Autrement dit, ces produits désinfectants sont utiles, mais insuffisants. Ils participent à la prévention sans la garantir.


5. Les solutions complémentaires : chaleur, rigueur et prévention naturelle

En attendant le « produit miracle » capable de bloquer tous les microbes et parasites à la fois, il est indispensable de combiner plusieurs actions :

  1. Nettoyer quotidiennement le colombier, surtout sous les perchoirs et autour des abreuvoirs.

  2. Changer l’eau de boisson deux fois par jour, surtout en période de chaleur.

  3. Utiliser des désinfectants naturels comme le vinaigre de cidre, l’ail ou le thym, connus pour leurs propriétés antiseptiques et antiparasitaires.

  4. Désinfecter par la chaleur : soumettre les abreuvoirs, mangeoires et pots à grit à de l’eau bouillante (environ 90 °C).

  5. Favoriser une bonne ventilation du colombier pour éviter la condensation et l’humidité stagnante.

Cette discipline, alliant hygiène, chaleur et remèdes naturels, est la clé d’une colonie en bonne santé.


6. Vitalité et résistance : les exceptions qui confirment la règle

Il existe bien sûr des pigeons d’une vitalité exceptionnelle, capables de performer alors que le reste de la colonie manque de condition. Ces cas isolés font souvent illusion et incitent certains amateurs à négliger les mesures de prévention.
Mais la réalité, confirmée par l’expérience des vétérinaires et des colombophiles chevronnés, est claire : la vitalité ne remplace pas l’hygiène.

La performance durable repose sur la santé collective du colombier. Une colonie équilibrée, propre, bien ventilée et nourrie de manière naturelle surpasse toujours les colonies soumises à une médication excessive ou à un entretien approximatif.


Conclusion : la chaleur exige la vigilance

L’été n’est pas seulement la saison des concours et des beaux résultats. C’est aussi le moment où les risques sanitaires atteignent leur maximum.
Les chaleurs orageuses, l’humidité et la fatigue accumulée fragilisent les pigeons et favorisent les maladies invisibles.

La clé du succès, c’est la prévention rigoureuse : hygiène constante, désinfection thermique, eau propre et remèdes naturels. C’est à ce prix que l’on garde des pigeons voyageurs performants, résistants et prêts à briller lors des prochaines étapes de la saison.


🔍 Conseils pratiques à retenir

5 conseils essentiels pour protéger vos pigeons voyageurs en période de chaleur :

  1. Nettoyez deux fois par jour les abreuvoirs et mangeoires, puis rincez-les à l’eau bouillante.

  2. Évitez les eaux stagnantes et changez l’eau plusieurs fois par jour.

  3. Utilisez des remèdes naturels (ail, vinaigre de cidre, thym) pour renforcer l’immunité.

  4. Assurez une bonne aération du colombier et limitez l’humidité.

  5. Surveillez les signes précoces de trichomonose, coccidiose ou coryza (baisse d’appétit, éternuements, fientes molles).


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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