Pigeon voyageur comprendre la longevite naturelle et la selection des pigeons increvables
15 octobre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : comprendre la longévité naturelle et la sélection des pigeons increvables

Pigeon voyageur comprendre la longevite naturelle et la selection des pigeons increvables

Débutant :
Je voudrais te poser une question sur les pigeons dits increvables ou inusables. Je crains qu’elle ne t’embarrasse un peu.
La voici : la plupart de nos pigeons sont « finis » avant l’âge de dix ans. Rares sont ceux qui conservent une condition physique parfaite pendant de longues années. Peux-tu m’expliquer les causes d’une telle longévité ?
À mon avis, ce n’est pas le pigeon, mais bien le colombophile qui est en cause. En abusant de ses pigeons pendant leur période de croissance — comme pigeonneaux, yearlings, et même à deux ans —, il détermine lui-même la durée de leur carrière. C’est lui qui les « use » avant l’heure.
Je ne crois donc pas aux pigeons increvables. Qu’en penses-tu ? J’espère que tu ne prendras pas mal le fait que, selon moi, ce genre de pigeon n’existe pas et qu’il vaudrait mieux parler d’autre chose !

Victor :
Rassure-toi, tu ne m’offenses pas… mais ton raisonnement ressemble tout de même un peu à celui d’un débutant.
Moi, je crois qu’il existe bel et bien des pigeons increvables — mais il faut faire des nuances.
Il y a d’abord les pigeons nés increvables, et ceux-là sont rarissimes. « On est comme on naît », disait mon ami Victor Torrekens, et il avait raison. Ces pigeons-là gardent leur vitalité malgré les erreurs du colombophile.
Et puis il y a ceux qui auraient pu durer longtemps, mais que les fautes de l’amateur ont prématurément « finis » à quatre ou cinq ans. Ces derniers ne sont pas rares.
Enfin, il existe les pigeons qui sont finis avant même d’avoir atteint la maturité, souvent avant trois ans. Il suffit de consulter les résultats des concours : les pigeons de trois ans sont en nette minorité par rapport aux plus jeunes. Leur carrière est déjà terminée, alors qu’elle aurait dû commencer.

Débutant :
Soit ! Mais alors, pourquoi certains pigeons sont-ils increvables tandis que d’autres s’usent si vite ? Et d’ailleurs, à quoi voit-on qu’un pigeon est fini ? Si tu pouvais m’apprendre cela, tu me rendrais un immense service !

Victor :
Extérieurement, on le voit d’abord aux yeux. Leur couleur perd sa fraîcheur, devient mate ; les yeux s’enfoncent dans la tête et leurs bords se couvrent de fines plumes. Le plumage aussi trahit la fatigue : les douze plumes de la queue ne se renouvellent plus toutes.
Mais il y a autre chose que seul le toucher révèle : la musculature. Chez le pigeon usé, elle a fondu.

Débutant :
Elle a fondu ? C’est facile à dire, mais comment puis-je m’en rendre compte ?

Victor :
C’est pourtant très simple. Laisse tes pigeons jeûner complètement pendant quatre ou cinq jours, ou donne-leur pendant une semaine seulement un tiers de leur ration habituelle.
Prends-les ensuite en main. Ce qui trompe souvent le colombophile, c’est la graisse : elle donne l’illusion d’une musculature ferme. Il faut des doigts très sensibles pour distinguer le poids mort — la graisse — de la masse vivante, c’est-à-dire le muscle.
Quand le pigeon jeûne, la graisse est utilisée comme réserve d’énergie, et il ne reste alors que la véritable musculature.
Pour bien juger, observe la chair le long du bréchet, surtout à l’avant, mais aussi au niveau du dos. La queue joue un rôle crucial dans le vol. Si le pigeon est creux à l’avant et que sa queue pend comme une remorque derrière lui, c’est le signe d’une musculature déficiente : il ne pourra plus soutenir un vol prolongé.
Un tel pigeon ne vaut plus rien du point de vue sportif.

Débutant :
Mais pour l’élevage, il peut encore être utile, non ?

Victor :
Pas vraiment. Même s’il a remporté de beaux prix, il ne faut pas trop espérer de lui. Certains colombophiles mettent à la reproduction de tels pigeons encore jeunes, mais as-tu déjà entendu dire qu’ils produisaient de bons jeunes ? C’est très rare.
Le dicton de Torrekens s’applique ici encore : on est comme on naît. Un pigeon faible de nature reste un dégénéré. Pourquoi vouloir en faire un reproducteur ?

Débutant :
Je comprends. Mais alors, comment reconnaître ces fameux pigeons increvables, ceux qui restent jeunes et performants si longtemps ? J’ai besoin de tes lumières… je sais si peu !

Victor :
Ah ! Si tu savais comme moi aussi je sais peu de choses, tu parlerais autrement !

Débutant :
Non, non, ce presque rien que tu dis savoir me suffit ! Dis-moi à quoi l’on reconnaît un pigeon inusable.

Victor :
D’accord. L’expérience m’a appris qu’il y a deux qualités essentielles chez les pigeons qui restent longtemps jeunes :
D’abord, un cœur et des poumons capables de supporter des efforts intenses. Si le pigeon présente une gorge bien ouverte et une respiration imperceptible, il a sans doute un cœur et des poumons parfaits.
Ensuite, une ossature solide et épaisse. Chez un véritable inusable, le bréchet est large et bien marqué. C’est sur cette crête que s’attachent les muscles des ailes. Une ossature solide garantit des battements rapides et puissants sans fatigue excessive.
À l’inverse, une ossature frêle fléchit sous l’effort, déséquilibre le vol et use prématurément le pigeon.
Et pourtant, une bonne ossature n’alourdit pas l’oiseau : le squelette complet d’un pigeon pèse à peine 35 à 40 grammes !

Débutant :
Avec ce que tu viens de m’apprendre, j’ai hâte d’en trouver un, de ces increvables !

Victor :
Alors, arme-toi de patience… car de tels pigeons ne se trouvent pas à chaque coin de rue !

Noël De Scheemaecker


Notice complémentaire

Il existe des pigeons véritablement nés increvables — mais ils sont d’une rareté extrême.
« On est comme on naît », disait Victor Torrekens, et cette maxime s’applique parfaitement ici.

Le pigeon qui m’a le plus impressionné chez Jos Mees fut son célèbre « Vieux Stichelbout », âgé de 19 ans !
Quand on le tenait en main, on se disait : « Même avec un marteau, on ne pourrait le tuer ! »
Une ossature de fer, une aile puissante, une gorge parfaite — voilà les trois qualités qui faisaient de ce pigeon un véritable colosse.
À 19 ans, il respirait encore comme au temps de sa première jeunesse, fécondait tous ses œufs et rayonnait d’une vitalité qu’on lisait dans la brillance de son œil intensément pigmenté.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

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