Trichomonose chez le pigeon : causes, traitement et prévention naturelle

Albert Put d’Alken s’interroge sur la multiplication des publicités pour les médicaments destinés aux pigeons, notamment ceux utilisés contre la trichomonose et la fameuse « maladie de la tête ».
Il est souvent conseillé d’administrer un traitement d’un à deux jours tous les quinze jours. Mais cette méthode est-elle réellement efficace ?
Un germe contracté pendant les concours, notamment dans les paniers de transport, peut-il être éliminé par un traitement aussi court ?
Comment la maladie évolue-t-elle, combien de temps le germe survit-il, et quel est le moment le plus approprié pour agir ?
Enfin, l’auteur mentionne le cas d’un jeune pigeon ayant eu des fientes très aqueuses durant tout l’hiver, redevenues normales au moment de l’accouplement, puis de nouveau liquides après la séparation des sexes. Peut-on éviter ce phénomène ?
Publicités et médicaments pour pigeons : méfiance et bon sens
Avant tout, il convient de rappeler certaines vérités concernant les campagnes publicitaires menées par diverses firmes spécialisées dans les produits pour pigeons.
Bon nombre de ces produits ne sont pas de véritables médicaments thérapeutiques. Nous sommes littéralement assaillis de préparations souvent dénuées de valeur médicale réelle, dont les pigeons n’ont aucunement besoin pour être en bonne santé ou remporter des concours.
Certaines sociétés exploitent la crédulité de colombophiles sincères.
Les vitamines, acides aminés, minéraux et oligo-éléments sont bien sûr nécessaires à une alimentation équilibrée. Les tisanes et préparations à base de plantes peuvent aussi être utiles, tout comme le grit, les pierres à picorer et la poudre minérale.
Mais tout le reste peut être dangereux, car il ne s’agit pas de médicaments au sens strict. D’un point de vue déontologique, aucune publicité ne devrait être faite pour ces produits.
On peut donc se demander si toutes ces préparations sont réellement nécessaires. En suivant les schémas proposés par certaines firmes, on constate que les pigeons ne boivent de l’eau pure qu’un seul jour par semaine, ce qui est totalement absurde.
Comprendre la trichomonose du pigeon voyageur
Une cure contre la trichomonose du pigeon voyageur pendant la saison des concours reste utile, surtout pour les jeunes sujets.
Une cure complète par mois, administrée à la bonne dose (jamais une demi-dose), est recommandée. Il est illusoire de penser traverser une saison entière sans rencontrer cette maladie parasitaire.
Celui qui affirme pouvoir maintenir ses pigeons indemnes de trichomonose pendant trois à quatre mois sans aucun traitement préventif ne convaincra aucun vétérinaire expérimenté.
Il faut donc traiter avec rigueur, mais aussi discernement, pour éviter à la fois la sous-dosage inefficace et la surmédication nuisible.
La “maladie de la tête” chez le pigeon : une affection mal définie
En revanche, la réponse n’est pas la même concernant la « maladie de la tête ».
Cette affection, tout comme l’inflammation de la petite membrane, n’a pas de définition médicale précise chez le pigeon voyageur.
Il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse au sens strict, comme la trichomonose.
Les conditions environnementales et le stress physiologique jouent ici un rôle déterminant.
La maladie de la tête touche surtout les pigeons exposés à des conditions climatiques défavorables, pendant le transport ou au retour au colombier.
Le vent froid, la pluie et la grêle ne sont pas contagieux, mais constituent des facteurs favorisant la prolifération de germes opportunistes et de lésions respiratoires.
Si l’on administre trop d’antibiotiques à ces pigeons, les bactéries seront peut-être éliminées, mais les lésions des sinus ou de l’appareil respiratoire supérieur — notamment la fente palatine — ne guériront pas.
Repos, environnement et bon sens
Des semaines de repos dans un environnement sain, bien ventilé et à température stable sont indispensables pour que les pigeons retrouvent leur équilibre.
Un mauvais concours ou des conditions de transport extrêmes peuvent anéantir tous les efforts d’une saison.
Les jolis emballages et les poudres “miracles” n’ont que peu ou pas de valeur.
Si un faux espoir peut parfois réconforter, il ne remplace jamais une approche scientifique ni une hygiène rigoureuse du colombier.
En médecine du pigeon, il n’existe pas encore de solution parfaite.
Les traitements préventifs précoces ou les soi-disant vaccinations contre la maladie de la tête n’ont aucune efficacité prouvée. Ces vaccins n’existent tout simplement pas.
Certaines injections d’antibiotiques peuvent avoir un effet temporaire, mais leur action ne dure pas plus d’une journée.
Cas particulier : le pigeon nerveux
Concernant le pigeon d’un an présentant des fientes liquides après la séparation des sexes, il ne s’agit pas d’une infection bactérienne ou virale.
Ce trouble est nerveux : il traduit un état de tension intérieure et de stress comportemental.
Un environnement plus stable, calme et bien structuré contribue souvent à faire disparaître ce type de symptômes.
Prévention et bonnes pratiques pour la santé du pigeon voyageur
La prévention reste la meilleure arme contre la trichomonose et la maladie de la tête chez le pigeon voyageur.
Un pigeonnier propre, sec et bien ventilé limite considérablement la propagation des germes.
Il est essentiel d’offrir aux pigeons une alimentation équilibrée, riche en vitamines, minéraux et acides aminés naturels, tout en leur laissant régulièrement accès à de l’eau pure.
Les traitements médicamenteux ne doivent être utilisés qu’en cas de besoin réel et sous conseil vétérinaire.
Enfin, les remèdes naturels, tels que les infusions de thym, origan ou ail, soutiennent efficacement la santé respiratoire et digestive sans perturber l’équilibre naturel du pigeon.
Dr L. Mathijs
Remarque :
Si l’on en croit les campagnes publicitaires de certaines firmes, nos pigeons n’auraient pratiquement plus jamais l’occasion de boire simplement… de l’eau pure !
[ Source: Article édité par Dr. L. Mathijs – Revue PIGEON RIT ]
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