Pigeon voyageur : Rythme de la mue, performance sportive et secrets physiologiques pour des résultats exceptionnels

La mue du pigeon voyageur est un phénomène physiologique déterminant pour sa santé, son aérodynamisme et ses performances sportives. Comprendre minutieusement le rythme de la mue, ses variations et ses conséquences permet à chaque colombophile d’optimiser la gestion de ses pigeons voyageurs et d’éviter des erreurs coûteuses.
Bien que les mécanismes hormonaux soient complexes et variables selon les individus, certaines lois naturelles régissent la chute et la repousse des plumes. Dans cette analyse complète, nous allons explorer en profondeur le déroulement de la mue, ses anomalies, son impact sur la forme sportive et son lien direct avec les performances en concours.
1. Pigeon voyageur : pourquoi le rythme de la mue varie-t-il autant ?
Le pigeon voyageur ne mue pas tous au même rythme. Plusieurs facteurs expliquent ces différences :
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Âge du pigeon voyageur
Les pigeons vieillissants (à partir de 6–7 ans) muent plus lentement. Le métabolisme, l’activité hormonale et la vitalité générale diminuent progressivement, comme chez tous les animaux. -
Famille, lignée et génétique
Certaines familles de pigeons voyageurs sont connues pour une mue rapide et régulière, d’autres pour une mue lente. Cette vitesse est en grande partie héréditaire. -
Statut physiologique
La mue varie selon qu’il s’agit :-
d’un pigeon voyageur veuf,
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d’un reproducteur,
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d’un jeune d’hiver,
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d’un jeune d’été,
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d’un tardif.
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Chaque catégorie suit globalement un modèle, mais des exceptions apparaissent souvent : rythmes inversés, mue simultanée de pennes, redémarrage d’une nouvelle mue juste après la dernière rémige… ces anomalies, bien que surprenantes, n’ont aucune valeur pathologique.
L’essentiel pour un colombophile est d’en comprendre l’impact sur la forme sportive.
2. Pigeon voyageur : forme sportive et mue de la première rémige
Un pigeon voyageur peut être en forme même si sa première rémige n’est pas encore tombée, mais la “grande forme”, la vraie forme athlétique, apparaît généralement lorsque la majorité des pigeons de l’équipe ont mué leur première plume de l’aile.
Pourquoi ? Parce que :
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l’organisme a relancé totalement la régénération des plumes,
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le métabolisme est stabilisé,
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l’aérodynamisme s’améliore nettement.
3. Pigeon voyageur : peut-on gagner juste après la chute d’une rémige ?
Oui.
Un pigeon voyageur adulte peut encore réussir un concours même s’il vient de perdre une rémige juste avant l’enlogement.
Il y aura certes :
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une affluence sanguine locale,
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une petite douleur,
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une sensibilité si l’on presse l’aile.
Mais cela n’empêche pas une bonne prestation. En revanche, le retard de mue est un mauvais signe : si une rémige reste encore en place alors que la suivante est entièrement poussée, c’est presque toujours le signe d’un problème de santé.
4. Pigeon voyageur adulte : la 5ᵉ rémige = arrêt immédiat des concours
Lorsque le pigeon voyageur adulte pousse sa cinquième rémige, il faut cesser immédiatement les concours. C’est la phase où :
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les plumes de couverture commencent à tomber,
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l’équilibre aérodynamique se dégrade,
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l’oiseau risque de rentrer déplumé, épuisé et hors des prix.
5. Jeunes pigeons voyageurs : un fonctionnement mystérieux
Chez les jeunes, tout change !
Un pigeon voyageur jeune peut encore performer même après la chute de la 5ᵉ rémige, et même dans des conditions extrêmes. De nombreux exemples montrent :
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des jeunes classés en tête malgré une “queue d’hirondelle”,
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des performances sur des distances de 650 km,
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une résistance étonnante si le temps est sec.
Le Prof. Van Grembergen lui-même considère ce phénomène comme un mystère physiologique.
6. Pigeon voyageur : attention aux plumes des oreilles !
Les plumes qui recouvrent les orifices auditifs du pigeon voyageur sont cruciales :
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elles protègent l’oreille,
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elles assurent un aérodynamisme parfait de la tête,
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elles filtrent les turbulences sonores.
Ne jamais enloger un jeune avec des oreilles dégarnies :
Lors du vol, les turbulences autour des méats auditifs créent des bruits gênants et perturbent l’équilibre du pigeon, ce qui détériore ses performances.
7. Chute du duvet : un baromètre fiable de la santé du pigeon voyageur
Le duvet tombe toute l’année, mais avec des variations.
On observe beaucoup de duvet :
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après la grande mue,
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en février, mars et avril,
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chez les veufs le matin, en petites boules légères.
Une chute excessive peut survenir :
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après un concours très difficile,
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après un jeûne prolongé.
En revanche, une absence de duvet peut être signe :
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de pigeonnier froid et humide,
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d’alimentation trop riche,
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de pigeons trop gras,
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mais surtout… de coccidiose ou de trichomonose.
Une cure correcte entraîne presque immédiatement :
➡️ une chute massive du duvet, signe que le pigeon voyageur retrouve une assimilation et une digestion normales.
8. Les “nez chauves” : une fausse croyance des colombophiles
Le “nez chauve” est une zone glabre juste derrière les cires nasales.
Contrairement à certaines croyances :
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ce n’est pas un parasite,
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ce n’est pas une maladie,
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ce n’est pas un signe de mauvaise forme.
C’est juste une irrégularité de mue, fréquente chez les juniors, et qui disparaît naturellement.
Aucun danger, aucune hérédité.
9. Pigeon voyageur : rôle crucial des plumes de l’aile bâtarde
Les trois plumes du “pouce” jouent un rôle indispensable :
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freinage,
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stabilité,
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gestion des turbulences,
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optimisation de l’aérodynamisme.
Lorsque ces plumes muent :
➡️ un accroc aérodynamique apparaît,
➡️ l’oiseau dépense beaucoup plus d’énergie,
➡️ le pigeon voyageur est handicapé en concours.
[ Source: Article édité par Prof. Dr. G. Van Grembergen – Revue PIGEON RIT ]
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