Pigeon voyageur comprendre lequilibre parfait entre morphologie selection et performance
8 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : comprendre l’équilibre parfait entre morphologie, sélection et performance

Pigeon voyageur comprendre lequilibre parfait entre morphologie selection et performance

Débutant :
Parmi les qualités d’un pigeon, il en est une qui me paraît bien difficile à définir : la qualité de l’équilibre. D’après toi, elle se juge dès la prise en main.

Victor :
Tu dis vrai, cher ami. Mais cette difficulté vient surtout du fait que les références, les comparaisons avec des modèles parfaits de pigeons sont presque nécessaires pour se faire une idée juste de cet équilibre.
Nous ne devons pas, pour autant, nous décourager. En prenant souvent nos pigeons en main, à différentes périodes, nous « faisons » peu à peu notre main, comme on dit à juste titre. Et si nous avons le privilège de manipuler de très bons pigeons, cette main se forme d’autant plus vite.
La recherche de l’équilibre, de la balance, est une réelle joie pour le colombophile — comme l’artiste qui ressent l’harmonie dans son œuvre.
Socrate disait que la beauté, tout comme l’amour, était un « intermédiaire », et que pour en juger la qualité, il fallait se référer à l’idée de la beauté parfaite et de l’amour parfait.
Chez les pigeons, c’est un peu la même chose : la perfection semble toujours hors d’atteinte, mais on peut juger de l’état d’équilibre d’un oiseau en se forgeant une idée personnelle de cet équilibre idéal. C’est cette idée que je vais tâcher de te créer, en décomposant les éléments qui influencent l’équilibre d’un pigeon, en bien ou en mal.


Débutant :
J’imagine qu’on ne peut juger convenablement de cet équilibre que si le pigeon est en parfaite condition physique. J’ai constaté qu’un pigeon peut beaucoup changer : un jour, il semble se tenir parfaitement, et le lendemain, il paraît presque disloqué.

Victor :
Ta remarque est pertinente. Toutefois, il faut se méfier d’un pigeon qui se déséquilibre facilement : ses prestations sportives seront irrégulières et sa forme rare.
Un vrai bon pigeon se tient presque toujours en équilibre et ne change que très peu.


Débutant :
Tout cela est intéressant et éclaire déjà le problème, mais il n’est pas encore résolu. Qu’entends-tu exactement par « pigeon équilibré » ?

Victor :
Un pigeon équilibré est un oiseau dont les qualités physiques — le corps proprement dit — et celles de la capacité de vol sont en harmonie. Je vais essayer de te l’expliquer du mieux possible. J’ai eu tant de pigeons extraordinaires entre les mains que j’ai fini par me forger une certaine idée de cet équilibre.


Débutant :
Et cet équilibre est-il le même pour un pigeon de vitesse, de demi-fond ou de fond ?

Victor :
Dans l’idéal, oui. Si nous pouvions atteindre la perfection, cet équilibre parfait conviendrait pour toutes les distances. Mais, en réalité, il n’en est rien. Chez tout être imparfait, certaines qualités engendrent toujours quelques défauts.
Nos connaissances étant limitées, il faut nous contenter de qualités spécifiques : certaines conviennent mieux à la vitesse, d’autres à l’endurance.
La comparaison est très instructive pour qui veut comprendre l’équilibre.
Je me souviens du fameux « 45 » des frères Cattrysse de Moere, l’un des meilleurs pigeons belges. Il avait toute une série de frères issus du couple extraordinaire « Pette » et « Mette ».
Maurice Delbar de Renaix et moi étions allés voir ces pigeons au sommet de leur gloire. Tous se ressemblaient : des bleus de corpulence moyenne. Mais parmi eux, un seul se distinguait par un équilibre supérieur : le « 45 ». Il était plus aérodynamique ; rien ne dépassait.
Comme un cycliste qui se prépare pour le sprint final et se débarrasse de tout ce qui freine, l’aérodynamisme du pigeon dépend de l’absence de « protubérances » qui nuisent à sa pénétration dans l’air.
L’aérodynamisme est donc un élément essentiel de l’équilibre.
Quand tu prends un pigeon en main, tu ne dois pas avoir l’impression qu’il présente des « trous ». Tout doit être bien rempli, gonflé à l’avant, mais serré à l’arrière.
Cette sensation ne s’obtient que chez le pigeon à la fois fort et souplement musclé, avec un bréchet suffisamment long qui couvre bien l’arrière. Chez de tels sujets, le dos est toujours solidement soudé à la queue, sans creux entre les deux.


Débutant :
Je comprends, cher maître, qu’il s’agit là des qualités du corps. Mais pour juger de l’équilibre total, ne faut-il pas surtout examiner l’aile, en fonction du corps qu’elle doit porter ?

Victor :
C’est le corps qui entraîne l’aile, et l’aile qui entraîne le corps ; l’un ne va pas sans l’autre. Quand on examine un pigeon, il faut juger en fonction de l’équilibre global. C’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile.
Il ne s’agit pas de mesurer en centimètres la longueur de l’aile ou de l’arrière-aile, mais de juger l’ensemble.
Les erreurs viennent souvent de ce que nous analysons les « parties » du pigeon au lieu de percevoir leur relation avec le tout.
Réfléchis un peu : si notre première impression, à la prise en main, se révèle souvent juste, c’est parce que l’intuition est parfois une forme de connaissance plus sûre que l’analyse.
Pourquoi ? Parce que l’intuition court-circuite le raisonnement biaisé par nos « a priori ».
C’est une connaissance directe, rarement trompeuse — à condition qu’elle repose sur une longue expérience. Et cette expérience, elle s’acquiert peu à peu, au contact de centaines de bons pigeons observés et comparés avec attention.


Débutant :
Tout cela me semble juste… en théorie ! Mais en pratique, j’ai toujours la sensation de ne pas être sûr de moi quand j’examine mes pigeons.

Victor :
Mais moi aussi, mon cher ami !
C’est pourquoi, souvent le soir, je monte au colombier… pour me faire la main.
Crois-tu qu’un joueur de billard, s’il ne s’exerce pas sans relâche, puisse acquérir la précision de son coup ?
Il faut répéter jusqu’à ce que le geste devienne instinctif. C’est ce même instinct que nous cherchons à atteindre en jugeant un pigeon : une intuition affranchie du raisonnement.
D’ailleurs, n’as-tu pas remarqué que, bien souvent, l’intellectuel — bourré de théorie — se trompe plus facilement que le colombophile que l’on dit, à tort, « primaire » ?
Hier soir encore, je suis monté au colombier. Dans l’obscurité, j’ai pris plusieurs pigeons en main, et j’en ai mis trois de côté, uniquement par intuition, sur la base de leur équilibre. Ce matin, je les ai revus : c’étaient deux demi-frères et le fils de l’un d’eux.


Débutant :
Ils avaient sans doute le même défaut ?

Victor :
Exactement. Deux défauts, souvent liés : d’abord, aucune résistance à l’arrière du dos — des plumes, oui, mais rien dessous ! — et ensuite, ils « fondaient » dans la main, devenaient flasques au lieu de rester tendus. Après deux minutes, on aurait dit des chiffons.

Débutant :
Comment cela a-t-il pu arriver ? Tu es pourtant si sévère dans la sélection de tes reproducteurs !

Victor :
Le père de ces demi-frères a toujours produit des pigeons vigoureux… mais il a vieilli. Je pensais qu’après la seconde mue, les jeunes se reprendraient, mais c’est l’inverse qui s’est produit.
Ils sont déjà vieux avant l’âge ! Et cela arrive plus souvent qu’on ne le croit.
Le déclin d’un colombier commence presque toujours ainsi : la vieillesse des reproducteurs. Ce n’est pas vrai pour tous, bien sûr, mais il faut rester vigilant avant qu’il ne soit trop tard.
Un pigeon qui se déséquilibre doit être radicalement éliminé de la reproduction.


Débutant :
Je vois que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’arriver à « me faire la main ».

Victor :
Mon jeune ami, si seulement moi aussi j’avais encore cette chance !
Je vieillis, mais pourtant, souvent encore, le soir, quand ma femme est couchée, je monte au colombier… pour apprendre. Toujours apprendre !


Débutant :
Je n’oublierai pas cette leçon, cher maître. Mais la prochaine fois, me parleras-tu un peu de l’aile ? Je crois que ce n’est pas si difficile…

Victor :
Rien n’est facile en colombophilie, mais quel enrichissement que de s’attaquer aux choses difficiles !


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ] 

Pour vous abonner au Magazine PIGEON RIT – Cliquez sur le bouton ci-dessous !

pigeon rit banner


ping gauche - pigeon - colombophilieL’importance de la sélection des pigeons voyageurs

ping gauche - pigeon - colombophilieLa sélection à L’automne (1) – pigeon voyageur