Pigeon voyageur developper linstinct de propriete au colombier pour booster la forme la motivation et les resultats
7 novembre 2025 Par admin

Pigeon voyageur : développer l’instinct de propriété au colombier pour booster la forme, la motivation et les résultats

Pigeon voyageur developper linstinct de propriete au colombier pour booster la forme la motivation et les resultats

Le pigeon voyageur et son instinct de territoire

Pour qu’un pigeon voyageur donne tout son potentiel en concours, il ne suffit pas d’une bonne alimentation et d’un bon pédigrée. Comme tous les animaux, le pigeon voyageur a besoin d’un endroit à lui, d’un territoire où il peut se reposer, se reproduire, défendre sa case et élever ses jeunes en sécurité. Cet instinct de propriété est une des clés majeures de son attachement au colombier.

Dans la nature, beaucoup d’animaux défendent un territoire : les fauves, les rapaces, mais aussi les animaux vivant en colonie. Une fourmilière ou une ruche, par exemple, est un territoire collectif où tout intrus risque sa vie. Le pigeon voyageur n’échappe pas à cette règle : son colombier, sa case, son perchoir, son nid, deviennent son univers. Plus ce lien est fort, plus le pigeon voyageur sera motivé à revenir vite de concours pour retrouver “chez lui”.

C’est pourquoi la défense de la case, du nid, du perchoir, mais aussi la vie de couple (veufs, femelles, jeunes sur le plateau) jouent un rôle essentiel dans l’exploitation intelligente d’une colonie de pigeons voyageurs.


Une case pour chaque pigeon voyageur : un principe simple, mais à appliquer avec méthode

On répète souvent que la base d’un bon colombier est : “une case pour chaque pigeon”. Sur le papier, cela paraît simple : dix mâles, dix femelles, dix cases, et tout le monde s’installe. Dans la réalité, si l’on se contente de lâcher dix mâles et dix femelles dans un colombier de dix cases, on prépare le terrain pour les bagarres, les pontes au sol, les œufs cassés et les pigeons voyageurs stressés.

Pour exploiter au maximum l’instinct de propriété du pigeon voyageur, il faut d’abord organiser le colombier de manière réfléchie, étape par étape.


Préparation du colombier avant d’y remettre les pigeons voyageurs

Avant de réinstaller vos pigeons voyageurs dans le colombier, il faut repartir sur une base saine :

  • vider totalement le colombier (plus aucun pigeon voyageur à l’intérieur) ;

  • nettoyer à fond : grattage, dépoussiérage, aération ;

  • désinfecter soigneusement avec des produits adaptés, puissants mais sans danger pour le pigeon voyageur ;

  • utiliser, si nécessaire, un insecticide efficace contre araignées, mites, tiques, poux rouges et autres parasites du pigeon voyageur ;

  • retirer tous les plateaux, les laver, les désinfecter et les stocker bien au sec ;

  • fermer toutes les cases.

On repart ainsi d’un colombier propre, sain, où chaque futur pigeon voyageur pourra développer un instinct de propriété fort, sans parasites ni odeurs de désordre.


Installation progressive des mâles : construire l’instinct de propriété

La première étape consiste à ne remettre dans le colombier que les mâles :

  • On introduit d’abord les mâles anciens, ceux qui connaissaient déjà le colombier.

  • Pour chaque mâle, on ouvre uniquement sa case d’origine, mais seulement en demi-case : la partie destinée au plateau de nid reste fermée.

  • Toutes les autres cases restent complètement fermées.

Le pigeon voyageur mâle va ainsi retrouver “sa” case, y dormir, y manger, y passer du temps. Peu à peu, le lien entre le pigeon voyageur et sa case se renforce. Le message est clair : “Ici, c’est chez toi.”

Quelques jours plus tard, on introduit les nouveaux mâles :

  • chaque nouveau pigeon voyageur reçoit une case, pas plus ;

  • là encore, la case est ouverte seulement à moitié, comme pour les anciens ;

  • chaque case est équipée d’une petite mangeoire individuelle, où chaque mâle pigeon voyageur reçoit son repas.

Très vite, chaque pigeon voyageur prendra l’habitude de revenir toujours à la même case pour manger, se reposer, se sentir en sécurité. C’est ainsi que naît et se renforce l’instinct de propriété.

À noter :
Les pigeons voyageurs préfèrent en général les cases situées en hauteur. Il est donc judicieux de réserver ces cases hautes aux meilleurs pigeons, ceux que vous estimez les plus prometteurs. Ils défendront ce territoire avec encore plus d’ardeur, ce qui renforcera leur motivation au retour des concours.


Préparation de l’accouplement : utiliser le nid pour renforcer l’attachement

Il faut compter environ un mois pour que tout soit bien en place et que les mâles aient pris possession de leurs cases. C’est seulement à ce moment que l’on prépare l’accouplement des pigeons voyageurs.

Les femelles destinées à l’accouplement doivent :

  • être découplées depuis au moins 3 à 4 semaines ;

  • être bien nourries, avec un mélange de petites graines, légumineuses, compléments, vitamines et minéraux ;

  • être en bonne condition générale pour assurer une ponte de qualité.

Au moment voulu, on procède comme suit :

  • chaque femelle prévue pour un mâle pigeon voyageur est placée dans la partie fermée de la case de celui-ci ;

  • elle y reste enfermée, séparée par des barreaux protecteurs du côté où le mâle se trouve.

Mâle et femelle peuvent ainsi faire connaissance, se voir, se séduire, sans se battre. Cela évite les bagarres violentes dans les nouveaux couples, avec parfois des blessures graves au niveau de la tête ou des yeux.

Lorsque l’accord entre les deux pigeons voyageurs est clair (intérêt, roucoulements, absence d’agressivité excessive), on ouvre l’autre moitié de la case, permettant au couple de l’occuper ensemble.

Quelques jours plus tard :

  • on place un plateau de nid ;

  • on met à disposition des brindilles de paille ou de tabac dans le colombier pour que chaque pigeon voyageur puisse construire son nid.

La ponte vient confirmer la propriété de la case, puis la naissance des jeunes renforce encore le lien : un pigeon voyageur qui a nid, œufs et jeunes dans sa case, défendra son territoire et son colombier avec une grande détermination.


Le désordre au colombier : un ennemi invisible des performances

Beaucoup de colombophiles sous-estiment les conséquences d’un colombier mal géré. Si la pagaille s’installe, les problèmes s’enchaînent :

  • femelles qui pondent au sol ;

  • mâles qui prennent deux cases et en chassent d’autres ;

  • pigeons voyageurs stressés, mal à l’aise, moins motivés ;

  • pigeons dominés qui, quelles que soient leurs qualités sportives, se perdent au premier concours difficile.

Le panier de concours agit comme un “sélecteur”, mais un sélecteur brutal : un bon pigeon voyageur mal géré au colombier peut se perdre ou se démotiver, uniquement parce que son instinct de propriété n’a pas été respecté.


Utiliser la jalousie territoriale pour motiver le pigeon voyageur

Une méthode très intéressante consiste à exploiter la jalousie territoriale du pigeon voyageur, différente de la simple jalousie sexuelle.

Quand tout le monde est tranquillement occupé à élever ses jeunes, chaque couple dans sa case, prêt à recommencer un cycle, on introduit dans le colombier un mâle supplémentaire, célibataire depuis un moment, si possible d’une couleur vive (un blanc, un meunier, etc.).

Ce mâle surnuméraire, qui n’a pas de case à lui, va :

  • chercher à se “caser” dès l’aube ;

  • roucouler dans diverses cases ;

  • essayer de séduire certaines femelles pendant que leurs mâles couvent.

Résultat : la jalousie territoriale explose dans le colombier. Chaque pigeon voyageur mâle ressent la menace : un intrus rôde autour de “sa” femelle et de “son” nid. Il défend encore plus sa case, son territoire, son statut. L’instinct de propriété est ainsi multiplié, ce qui renforce la motivation globale des pigeons voyageurs.

Important :
Ce pigeon surnuméraire ne sera pas joué en concours. On l’éloignera du colombier lorsque les autres pigeons voyageurs seront enlogés, pour éviter qu’il se mêle au jeu.


Gestion des pertes et des cases : renforcer l’ordre dans le colombier

Lorsqu’un pigeon voyageur se perd en concours :

  • sa case doit être immédiatement fermée, dans l’attente d’un éventuel retour ;

  • si le pigeon ne revient pas après un certain temps, on pourra attribuer cette case à un voisin méritant ;

  • ce voisin aura alors deux cases à défendre, ce qui renforcera encore son instinct de propriété et sa motivation.

Le mâle surnuméraire sera alors tenu éloigné du colombier le temps nécessaire, puis on pourra réutiliser la méthode de jalousie si besoin.


Jalousie de territoire vs jalousie sexuelle chez le pigeon voyageur

On parle souvent de la jalousie sexuelle comme moteur de motivation, notamment chez le pigeon voyageur veuf. Pourtant, l’expérience montre que la jalousie de territoire – la défense de la case, du nid, du territoire – est souvent plus stable et plus efficace sur le long terme.

Un pigeon voyageur qui se sent propriétaire de sa case, de son nid, de ses jeunes, du plateau, défend tout cela avec une énergie incroyable. Il a une vraie raison de rentrer vite du concours, même par mauvais temps : son monde est là, dans sa case.

La sexualité reste un outil précieux dans la préparation des pigeons voyageurs (veuvage, naturel, jeunes sur nid, etc.), mais elle gagne en efficacité lorsqu’elle s’appuie sur un instinct de propriété bien construit.


Conclusion : un colombier organisé, un pigeon voyageur motivé

En résumé, pour obtenir un pigeon voyageur performant, fidèle et motivé, il ne suffit pas de médicaments, de compléments ou de pedigrees prestigieux. La base, c’est :

  • un colombier propre, sain et bien préparé ;

  • une case claire pour chaque pigeon voyageur ;

  • une installation progressive des mâles, puis des femelles ;

  • un nid bien défendu, avec œufs et jeunes ;

  • une jalousie territoriale entretenue intelligemment (par exemple avec un mâle surnuméraire) ;

  • une gestion stricte des cases lors des pertes.

En respectant ces principes simples mais puissants, le colombophile développe chez chaque pigeon voyageur un instinct de propriété solide, une jalousie de territoire constructive et une motivation naturelle à rentrer au colombier. C’est l’un des secrets les plus efficaces pour améliorer la forme générale, la régularité et les résultats sportifs de vos pigeons voyageurs, saison après saison.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ] 

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