6 novembre 2025 Par admin

La mue du duvet chez le pigeon voyageur : un indicateur essentiel de santé et de forme

La mue du duvet chez le pigeon voyageur un indicateur essentiel de sante et de forme

Victor :

Que signifie la science sans l’humilité, sans la crainte de se tromper ?
Mais aussi sans le désespoir de ne rien découvrir ?
Elle ne serait alors qu’une simple vanité humaine. Et pourtant, la leçon est évidente : plus nous croyons savoir, plus nous réalisons l’immensité de notre ignorance. Cette constatation décourage souvent nos recherches.
En colombophilie, nous nous retrouvons souvent face à des problèmes pour lesquels aucune solution claire ne se présente.
Oui, on pense avoir une explication, mais on n’est jamais certain qu’elle soit la bonne.
Prenons par exemple la mue du duvet, souvent considérée comme essentielle pour la réussite…


Débutant :

Explique-moi simplement pourquoi la mue du duvet est si importante pour le pigeon.
Conditionne-t-elle sa santé ou sa forme ?
Je n’ai jamais vraiment compris. Les colombophiles disent souvent : « mon pigeon a mal mué son duvet », et ils redoutent la saison sportive. Cette peur est-elle fondée… ou est-ce une simple croyance ?


Victor :

D’après mon expérience, ce n’est pas une blague. La mue du duvet — ou plutôt les mues du duvet — sont d’une très grande importance. Je vais tâcher de t’expliquer pourquoi.
Commençons par le commencement : pourquoi le pigeon renouvelle-t-il son duvet ?
Observons-le attentivement. Si nous arrivons à déterminer quand il le perd, peut-être comprendrons-nous pourquoi il le fait, et apprendrons-nous comment l’y aider.


Débutant :

J’ai une idée : le duvet serait comme le seul « costume » du pigeon.
S’il le perd, il se retrouve tout nu.
Un vêtement usé ne protège plus suffisamment du froid en hiver, et un vêtement d’hiver est bien trop chaud en été. Nous avons donc besoin de deux costumes au moins — voire davantage entre les saisons.
De temps à autre, nous devons remplacer nos habits usés par des neufs, capables de remplir leur rôle protecteur.
De même, le pigeon a besoin d’un « costume » léger pour l’été et d’un autre, plus chaud, pour l’hiver.


Victor :

Ta comparaison est excellente.
Mais dis-moi : chez le pigeon, comment remarques-tu l’usure de ce « costume » ?
C’est moi, à présent, qui te pose la question. Tu devrais pouvoir y répondre.


Débutant :

Une plume de duvet est usée… quand elle est usée !
Et puisqu’elle s’abîme forcément par son extrémité, il faut bien admettre que, lorsque la barbe du duvet s’effrite, celui-ci perd son efficacité.


Victor :

Très juste.
Mais comment expliques-tu, alors, cette idée des deux costumes — un pour l’hiver et un pour l’été ?


Débutant :

Le pigeon doit forcément avoir deux types de duvet : un plus dense pour l’hiver, et un plus léger pour l’été.


Victor :

Exactement. Nous y sommes.
Voyons maintenant quand le pigeon renouvelle son duvet.


Débutant :

Je préfère te laisser répondre, tu as plus d’expérience que moi !


Victor :

Je crois que la mue du duvet, chez un pigeon en bonne santé, dépend surtout de sa capacité à conserver sa chaleur corporelle.
J’en parlais un jour avec André Roodhooft, un fin observateur. Je lui disais que, pour avoir une bonne mue du duvet, il fallait avant tout éviter que le pigeon ne s’engraisse.
Lorsqu’il est trop gras, il ne doit plus se défendre : le struggle for life, cet élément fondamental de la sélection naturelle, s’émousse. Les fonctions naturelles deviennent artificiellement contrariées.
André m’a alors fait remarquer :

« Mais comment expliques-tu que, lorsqu’un pigeon a beaucoup souffert — par exemple après une étape très dure — il perde soudain tant de duvet le soir et le lendemain ? »

Je lui ai répondu que la nature cherche toujours à s’adapter.
La souffrance prépare l’organisme aux luttes futures. Elle le pousse à se débarrasser de ce qui l’entrave pour le remplacer par quelque chose de mieux adapté.
On observe d’ailleurs cette chute de duvet après un effort, mais aussi après un jeûne d’un ou deux jours, ou encore lors d’une chute brutale de température.


Débutant :

La repousse d’une plume, même de duvet, demande de l’énergie.
Est-ce pour cette raison que Jef Van Riel disait qu’après une forte chute de duvet à la suite d’une étape difficile, il valait mieux attendre deux semaines avant de réenloger les pigeons ?


Victor :

Si Jef le disait, on peut lui faire confiance. Il parlait peu, mais observait énormément.
Et nous pouvons encore approfondir : après une purge au sel de Carlsbad, ou après une cure contre la trichomonose, les pigeons perdent aussi beaucoup de duvet.
Vois-tu d’autres situations où cela se produit ?


Débutant :

Oui, maître. J’ai remarqué que lorsque je mets mes pigeons à la volière pendant la désinfection du colombier, ils perdent également beaucoup de duvet.
Mais ce qui m’intrigue, c’est de savoir quel duvet ils perdent exactement.


Victor :

D’après tout ce que nous avons observé, la réponse est simple :
le pigeon perd soit du duvet usé, soit du duvet inadapté à la saison.
Lors de la grande mue précédant l’hiver, il renouvelle son duvet chaud ; au printemps, il le remplace à nouveau par un plus léger.
Une chose est certaine : le pigeon sait mieux que nous ce qu’il doit faire.
Notre rôle est de faciliter ce processus naturel, sans fausser les influences des saisons.


Débutant :

Et comment faussons-nous ces influences ?


Victor :

Le pigeon ne perd pas tout son duvet en une seule fois — cela lui serait fatal.
Il mue tout au long de l’année, mais plus intensément à certaines périodes.
Pour le colombophile, l’hiver et le printemps sont les saisons les plus importantes pour assurer une mue normale.
En hiver, le pigeon doit subir l’hiver. Jef Van Riel disait même : « En hiver, le pigeon doit souffrir ».
Mais en été, il doit avoir chaud.
Au printemps, il doit éliminer les toxines accumulées dans le sang. C’est pourquoi il ne faut pas trop bien nourrir les pigeons en hiver, sous peine de les retrouver avec des organes fatigués.
Un pigeon trop gras ou affaibli ne perdra pas son duvet d’hiver, car son organisme aura besoin de conserver la chaleur.
Le pigeon qui a froid parce qu’il lutte contre des microbes ou des parasites garde son duvet chaud, incapable de se régénérer normalement.


Débutant :

La mue du duvet est donc avant tout une question de santé ?


Victor :

Oui, mais aussi une question de colombier.
Un bon colombier doit être froid mais sec en hiver, et chaud mais bien aéré en été, avec une lente dissipation de la chaleur en soirée.
C’est difficile à obtenir, mais c’est ce qui distingue les colombiers miracles.


Noël De Scheemaecker


Notices :

  • La mue du duvet est avant tout une question de santé.

  • Lorsqu’on trouve du duvet dans les casiers des veufs le matin au printemps, c’est signe de bonne santé et d’une forme imminente.

  • Quand la barbe du duvet s’effrite, celui-ci perd son efficacité.

  • Le corps du pigeon est protégé du froid, de la chaleur et de la pluie par une fine couche de duvet, muée deux fois par an.

  • La mue automnale ne pose généralement pas de problème, mais celle du printemps est souvent plus délicate, même chez des pigeons en bonne santé.

  • En hiver, le pigeon doit endurer la saison.

  • Toute repousse de plume, même de duvet, exige de l’énergie.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]

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