Les pigeons voyageurs et la lecon de patience du Dr Bricoux
29 octobre 2025 Par admin

Les pigeons voyageurs et la leçon de patience du Dr Bricoux

Les pigeons voyageurs et la lecon de patience du Dr Bricoux

Débutant :
Les pigeons voyageurs exigent de la patience, dis-tu souvent. Tu m’as déjà expliqué que l’impatience, dans la vie actuelle, empêche de vraiment vivre, et que même en colombophilie cela se vérifie.
Mais le progrès ne va-t-il pas de pair avec la vitesse ? C’est du moins ce qu’on constate aujourd’hui.
Un exemple : quel bond en avant le TGV n’a-t-il pas fait par rapport aux anciens trains… qui ne roulaient « qu’à » 140 km/h ! Le TGV, lui, file à près de 300 km/h… quel gain de temps !
C’est ça, le progrès, et on ne l’arrêtera pas ! Plus vite, toujours plus vite… on gagne du temps !

Victor :
Oui, mais quel temps ? Le progrès, cher ami, n’est pas une question de minutes gagnées, mais de qualité de vie. Une vie « pressée » est-elle vraiment plus agréable qu’une vie vécue avec calme et sérénité ?

Débutant :
En colombophilie, c’est peut-être différent…

Victor :
Pas vraiment. Je vais te raconter une histoire à propos du plus grand champion que la Belgique ait connu avant la Seconde Guerre mondiale : le docteur Arthur Bricoux, de Jolimont.
La hâte était son plus grand ennemi, et la patience, son meilleur allié. C’est grâce à elle qu’il a remporté des résultats fabuleux avec ses pigeons voyageurs.

Débutant :
Et moi qui croyais que seule la qualité exceptionnelle de ses pigeons expliquait ses résultats extraordinaires !

Victor :
Il est certain que le Dr Bricoux possédait d’excellents pigeons. Mais des centaines de colombophiles en Belgique en avaient aussi de très bons… La vraie question est donc : pourquoi le Dr Bricoux leur était-il supérieur ?
Une grande partie de sa supériorité venait de sa méthode de jeu. Il obtenait ses meilleurs résultats avec des pigeons âgés de 3, 4, 5, 6 et même 7 ans.
Ces pigeons voyageurs avaient une carrière sportive longue — ce qui devient aujourd’hui très rare.
Combien voit-on encore de pigeons âgés de 4 à 7 ans figurer dans les classements ? Très peu. Et pourquoi, à ton avis ?

Débutant :
Alors, dis-moi son système, ce n’est pas un secret pour toi !

Victor :
Non, ce n’est pas un secret… mais il est difficile à appliquer avec la mentalité d’aujourd’hui.

Débutant :
Quelle mentalité ?

Victor :
Je te l’ai déjà dit : les colombophiles, comme la plupart des gens, sont entraînés par le siècle de la vitesse… un progrès qui n’en est pas vraiment un.
Comme le disait Blaise Pascal : « Nous sommes tous tellement fous qu’il faut être fou d’un autre tour de folie pour n’être pas fou ! »

Débutant :
Et quel est donc cet autre tour de folie ?

Victor :
C’est la folie de ne pas faire comme les autres fous. Celui qui agit différemment passe pour un original.
Le colombophile qui suivrait l’exemple du docteur serait traité de rétrograde, d’homme d’un autre temps, incapable de “suivre le progrès”.
Mais quel progrès ? Un progrès qui fait croire que la qualité de la vie se réduit à la performance physique, alors qu’il y a chez l’homme bien plus que cela !

Débutant :
Avec ta manie de philosopher, je n’ai toujours rien appris du système Bricoux !

Victor :
J’y viens. À la base de ses succès, il y avait d’abord une excellente connaissance du pigeon voyageur.
Le Dr Bricoux triait ses pigeonneaux en main, non pas sur leurs résultats, puisqu’il ne jouait pas ses jeunes.
Pour lui, un bon pigeon devait avoir la forme d’une poire lorsqu’on le tenait en main, un plumage soyeux pour fendre l’air sans bruit, et une aile bien proportionnée à son gabarit.
Si le pigeon lui « tombait bien en main », il était joué comme yearling, au naturel, sur de petites étapes servant uniquement d’entraînement.
Le classement ne l’intéressait pas, pourvu que les pigeons rentrent dans un état de fraîcheur parfaite.
L’instinct d’orientation, disait-il, se développe avec l’âge et l’expérience, comme tous les instincts.
À deux ans, il les mettait au veuvage et les faisait concourir jusqu’à environ 600 km.
À partir de trois ans commençait leur véritable carrière sportive, qui pouvait durer cinq années complètes. Rares étaient ceux qui le décevaient.
Grâce à ce système, il se contentait de 80 pigeons au total !

Débutant :
Crois-tu vraiment qu’on puisse encore faire pareil aujourd’hui ? J’en doute, car les soi-disant grands champions possèdent maintenant des centaines de pigeons…
Ou bien la qualité moyenne de nos pigeons aurait-elle baissé, au point qu’il faille en garder autant pour espérer de bons résultats ?

Victor :
Pas forcément. Mais je crois que les pigeons voyageurs de l’époque de Bricoux, Duray, Havenith et d’autres encore, étaient plus robustes et plus naturellement résistants.
Leur santé n’était pas affaiblie par les médicaments qu’on administre aujourd’hui à nos pigeons.
J’ai dit un jour que je considérais l’assistance médicamenteuse comme plus dangereuse pour l’humanité que la bombe atomique. Pour les pigeons voyageurs, cela se vérifie de plus en plus.
Notre irresponsabilité, c’est de dire : « Cela tiendra bien le temps que nous vivons ! »
Ce sera le mot de la fin…

Débutant :
Mais… quelle fin ?

Noël De Scheemaecker


Notices :
Le Dr Arthur Bricoux était un fin connaisseur du pigeon voyageur. Il triait ses jeunes en main, sans les jouer. Il recherchait un pigeon en forme de poire, au plumage soyeux et à l’aile bien proportionnée.
Les yearlings étaient joués au naturel, puis, à deux ans, au veuvage.
Le grand secret du Dr Bricoux résidait dans son système de jeu : ses pigeons concouraient de 3 à 7 ans, une longévité rare aujourd’hui.
Mais à notre époque dominée par l’impatience, il est difficile d’appliquer sa méthode avec la même philosophie.


[ Source: Article édité par M. Noël De Scheemaecker – Revue PIGEON RIT ]

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