Le courrier des lecteurs n°20– pigeon voyageur
27 octobre 2025 Par admin

Le courrier des lecteurs n°20– pigeon voyageur

Le courrier des lecteurs n°20– pigeon voyageur

Question :
Rémi Pollez, de Brakel, nous interroge au sujet du Lugol : quelles sont les propriétés de ce produit et comment l’utilise-t-on chez les pigeons ?

Réponse :
Le Lugol est un ancien désinfectant à base d’iode, un puissant oxydant.
Sa composition classique est la suivante : 50 grammes d’iode et 100 grammes d’iodure de potassium pour un litre d’eau.
On peut administrer cette solution à raison d’une cuillère à soupe par litre d’eau de boisson, car il agit comme antiseptique intestinal.

Une autre méthode consiste à ajouter une cuillère à café de Lugol dans une tasse de lait, puis à chauffer légèrement le mélange jusqu’à ce que la couleur brune disparaisse : cela forme de la caséine iodée, qui exerce une action sur la glande thyroïde et stimule le métabolisme.

Cependant, dans la médecine moderne du pigeon, l’usage du Lugol est désormais abandonné, car il est considéré comme dépassé.


Question :
Un colombophile utilise depuis plus de dix ans le Ronidazole contre la trichomonose. Il constate que les jeunes pigeons contractent la maladie de plus en plus rapidement et que les cures sont de moins en moins efficaces. Faut-il parler de résistance ? Cette résistance pourrait-elle être transmise génétiquement ? La dose doit-elle être augmentée ou faut-il employer un autre produit ?

Réponse :
La résistance du germe de la trichomonose peut effectivement augmenter vis-à-vis du Ronidazole lorsque la dose administrée est trop faible ou que la durée du traitement est trop courte.
Dans ce cas, les germes les plus forts survivent à la cure et se multiplient, alors que les plus faibles sont éliminés. C’est ainsi qu’apparaît une souche résistante, conséquence directe d’un mauvais usage du médicament.

Ce n’est donc pas le pigeon qui devient plus faible, mais bien le germe qui devient plus fort. On peut même parler d’une forme de sélection naturelle parmi les agents pathogènes.

La résistance du pigeon à la maladie, ou le niveau d’immunité qu’il possède vis-à-vis d’un germe donné, reste difficile à évaluer.
Certains pigeons ne souffrent jamais de trichomonose, tandis que d’autres sont continuellement recontaminés.
La transmission de cette immunité innée à la descendance dépend de nombreux facteurs génétiques, ce qui rend la sélection d’une lignée réellement résistante complexe.

Dans le monde végétal, il est possible de créer, par des techniques génétiques, des variétés résistantes aux maladies, mais nous sommes encore loin de pouvoir appliquer cela en colombophilie.

Pour éviter la résistance des germes, il est essentiel :

  • d’administrer la dose thérapeutique maximale,

  • sur une durée suffisante,

  • et de varier périodiquement les produits utilisés.

Ainsi, on empêche les germes de développer une résistance par mutation.
Dans la pratique, cela reste difficile à appliquer, mais c’est la seule façon efficace de prévenir les souches résistantes.
En médecine humaine, certaines bactéries sont devenues tellement résistantes que même les traitements les plus puissants sont inefficaces.
Chez les pigeons, la logique est la même : les germes deviennent plus forts, pas les pigeons plus faibles.

Une cure bien administrée, d’une dizaine de jours à dose complète, évitera bien des déboires.


Question :
Un colombophile de Malte, dont les pigeons sont transportés en mer pendant plus de quinze heures avant le lâcher, demande s’il existe un moyen de prévenir le mal de mer durant le transport.

Réponse :
Nous n’avons pas d’expérience directe concernant le mal de mer chez le pigeon.
Chez d’autres espèces, notamment le chien et le chat, on utilise certains antihistaminiques comme :

  • la diphenhydramine,

  • le diphenhydranate,

  • la prométhazine,

  • la cyclizine,

  • la chlorcyclizine,

  • et la méclozine.

Ces substances peuvent provoquer de la somnolence et parfois des troubles de la vision.
Cependant, leur effet sur les pigeons n’est pas connu, et leur usage n’est pas recommandé sans avis vétérinaire spécialisé.

Doct. Vét. L. Mathys


Notice :
Si le dosage est trop bas ou si la durée du traitement est trop courte, le germe responsable de la trichomonose peut développer une résistance au Ronidazole.
Les germes les plus forts survivent et se multiplient, créant une souche résistante.
La même situation se produit avec les antibiotiques.

Certains pigeons ne souffrent jamais de trichomonose, tandis que d’autres sont régulièrement recontaminés — cela dépend de leur résistance individuelle et des conditions d’hygiène et de traitement.


[ Source: Article édité par Doct. Vét. L. Mathys – Revue PIGEON RIT ]

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