Le courrier des lecteurs n°11– pigeon voyageur
Question :
Un amateur du Pas-de-Calais (France) a constaté ces dernières années qu’au sevrage, ses pigeonneaux présentaient souvent une déviation du bréchet. Les parents disposent pourtant de grit et de minéraux à volonté. Il a lu dans certains ouvrages que ce problème pouvait provenir de la coccidiose ou de la trichomonose. « Ce ne doit pas être mon cas, dit-il, puisque mes pigeons sont traités régulièrement avec du Ridsol-S et de la sulfaquinoxaline. » Comment résoudre ce problème, et quel handicap représente un tel bréchet pour les concours ?
Réponse :
La déviation du bréchet est une anomalie due à une forme de rachitisme survenue pendant la croissance.
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Le pigeon reçoit déjà, dans l’œuf, une partie du calcium et du phosphore nécessaires à la formation de son squelette ; une carence dès ce stade peut donc entraîner un rachitisme latent à la naissance.
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Dans son alimentation, les graines sont plus ou moins riches en phosphore assimilable : le blé est bon, l’orge moyen et le maïs médiocre. Le calcium doit, lui, provenir d’un apport complémentaire : grit, vitamineral, pierre à picorer, etc.
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Ces deux éléments, phosphore et calcium, ne peuvent être correctement fixés sur la trame osseuse qu’en présence des vitamines A et surtout D3. Seul le soleil d’été permet la synthèse naturelle de cette vitamine D3 à partir des graisses de la ration.
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Enfin, l’assimilation des minéraux et vitamines dépend de l’état de l’intestin : toute inflammation intestinale (coccidiose, paratyphose, candidose, etc.) réduit la capacité d’assimilation, entraînant amaigrissement et rachitisme.
Concernant la coccidiose, tout dépend des conditions du colombier : sécheresse, aération, ensoleillement… et de la fréquence des traitements.
La déviation du bréchet n’a aucune incidence sur les performances sportives, quelle que soit la distance.
Question :
Un colombophile de Bailleul, dans le Nord de la France, demande quels sont les critères de sélection des reproducteurs et quelles sont les qualités visibles ou invisibles à rechercher.
Réponse :
Il n’existe pas, à proprement parler, de critères absolus pour sélectionner un reproducteur. Si l’on observe les couples ayant produit des cracks de valeur nationale, on trouve aussi bien des pigeons d’un modèle idéal que des sujets tout à fait ordinaires.
Quel amateur ne s’est pas un jour aperçu, avec surprise, qu’une simple « amusette » d’un veuf était la mère de son meilleur jeune ?
La sélection des reproducteurs se fait naturellement, « sur le tas », à partir des survivants de la sélection des voyageurs. On garde les pigeonneaux de printemps qui sont bien développés, vigoureux et en bonne santé. Puis, au fil du temps, on découvre que tel couple donne régulièrement de bons sujets. L’année suivante, on modifie les accouplements des voyageurs n’ayant rien donné de valable.
On peut également sélectionner sur base d’une origine réputée ou d’un pedigree prestigieux, mais les critères restent identiques :
un bon reproducteur est celui qui donne des bons, quel que soit son conjoint. C’est la perle rare.
Question :
Robert Coopman, de Signy-l’Abbaye, a lu dans Le Grand Livre du Pigeon Voyageur que la vaccination contre les poquettes et la diphtérie protégerait le pigeon à vie, alors qu’on affirme souvent que l’immunité ne dure que quelques mois.
Les auteurs (Van den Hoek, Prof. Van Grembergen, J. Hermans) du livre émettent aussi des doutes sur l’absence totale d’effets sur les performances sportives après vaccination contre la paratyphose. Qu’en est-il exactement ?
Réponse :
J’ai pu constater personnellement, à plusieurs reprises, que chez des pigeons vaccinés par mes soins contre les poquettes, la protection ne dépassait pas six mois pour environ la moitié d’entre eux (alors que le fabricant annonce un an). Ces pigeons ont développé des poquettes en fin de saison : il est donc illusoire d’espérer une protection à vie.
Une prolongation naturelle de l’immunité peut survenir si le pigeon entre en contact avec le virus sauvage pendant que la protection vaccinale est encore active, mais cette situation est aléatoire. Il en est de même pour la paramyxovirose : compter sur ce hasard serait bien imprudent.
Je suis partisan de la vaccination antiparatyphose associée à un traitement antibiotique spécifique uniquement dans les colonies atteintes.
À titre préventif strict, je la juge inutile car trop peu durable.
Cela dit, cette vaccination, comme toutes les autres, est sans danger et sans conséquence sur des pigeons en parfaite santé.
Toute réaction violente au-delà de 24 heures après l’injection révèle un microbisme latent : soit le germe paratyphique lui-même, soit un microbisme d’élevage (staphylocoque, colibacille, etc.). La vaccination agit alors comme un révélateur ; l’amateur averti en tiendra compte plutôt que de blâmer le vaccin, dont le microbe est mort (tué par le formol et la chaleur).
Quant à une éventuelle influence négative sur le rendement sportif, laissez-moi vous confier un secret : notre ami Roodhooft vaccine chaque année, avant la saison, contre la paratyphose… Voyez ses résultats !
Question :
Un lecteur du Hainaut, qui souhaite rester anonyme, a accouplé début décembre onze couples. Cinq femelles ont pondu normalement, deux n’avaient toujours pas pondu quatre semaines plus tard, et quatre autres n’ont pondu qu’un seul œuf, ce qui ne leur était jamais arrivé.
Il se demande si cela pourrait avoir un lien avec la mauvaise ponte des poules de son voisinage, dont plusieurs habitants se plaignent.
La mue s’est déroulée normalement, les pigeons ont à disposition tous les compléments nécessaires et paraissent en bonne santé. Alors, quelle en est la cause ?
Réponse :
Vos femelles étaient-elles très grasses au moment de l’accouplement ? Ce serait une cause possible, heureusement passagère.
Une femelle prête à accoupler est sèche, vive, au plumage bien serré ; ce n’est pas une matrone lourde et empâtée.
Si vos femelles étaient en bon état et que le problème persiste, il faut envisager une cause microbienne. Dans ce cas, d’autres symptômes accompagnent la mauvaise ponte : mortalité dans l’œuf ou à la naissance, croissance ralentie, etc.
Un diagnostic complet s’impose alors pour identifier l’origine exacte du trouble.
[ Source: Article édité par Doct. Vét. J.P.Stosskopf – Revue PIGEON RIT ]
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