Le pigeon voyageur : quand la réussite dépend avant tout du colombophile
Ce n’est pas seulement le pigeon, mais aussi le colombophile
La réussite en colombophilie ne dépend pas uniquement de la qualité des pigeons voyageurs ni de la perfection du colombier. Elle repose surtout sur le colombophile lui-même, sur sa discipline, son sens de l’observation et sa constance dans les soins.
Pour certains, la colombophilie est un simple loisir, un passe-temps agréable. Pour d’autres, c’est un véritable art, un sport de haut niveau, voire une seconde source de revenus.
Mais il faut se souvenir d’une vérité fondamentale : quand on achète des pigeons d’un champion, on n’achète pas son savoir-faire ni sa rigueur.
Les amateurs se divisent souvent en deux catégories :
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ceux qui aiment les pigeons comme loisir,
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et ceux qui vivent pour eux, avec un souci du détail et une régularité quasi scientifique.
Les premiers forment la majorité. Ce sont des amoureux du pigeon, mais non des esclaves. Ils apprécient leur hobby sans que celui-ci ne les accapare totalement. Ils aiment sortir en famille, jardiner, ou simplement se détendre. Le colombier n’est pas toujours impeccable : un nettoyage partiel, des abreuvoirs non récurés quotidiennement… rien de dramatique, mais cela en dit long sur leur approche.
Ces amateurs apprécient les pigeons, mais ne vivent pas pour la compétition. Ils ne s’attardent pas des heures à observer le comportement de leurs oiseaux, ne consultent pas les revues spécialisées à la recherche du moindre secret d’élevage, et ne se précipitent pas après un concours pour examiner la récupération de leurs voyageurs. Ils aiment leur passion, sans en faire une obsession.
Les bonnes intentions ne suffisent pas
Au début de l’année, un colombophile me confia :
« Avant les accouplements, j’avais l’intention de consulter un vétérinaire, mais… »
Comme beaucoup, il avait de bonnes intentions, restées sans suite.
Et, chaque année, le même scénario se répète : au moment des poquettes, on entend « j’avais l’intention de vacciner mes pigeonneaux, mais… ». Puis l’année suivante, on oublie à nouveau.
Résultat : mêmes causes, mêmes effets.
Un autre colombophile fit examiner les excréments de ses veufs en début de saison. Le vétérinaire détecta une légère infestation de vers capillaires et une coccidiose modérée. À première vue, rien d’anormal : les pigeons volaient bien, les fientes semblaient correctes.
Pensant que ce n’était pas le moment pour une cure, il repoussa le traitement.
La saison se termina sans visite de contrôle ni médication.
Les résultats furent médiocres, mais il restait satisfait.
« Mes pigeons d’un an n’ont pas fait beaucoup de prix, mais ils se suivaient bien. Cela me donne de l’espoir pour l’an prochain », disait-il.
Et lorsqu’on lui demanda s’il avait pensé à la coccidiose :
« Oui, il y a longtemps que j’aurais dû y aller… mais… »
Ces histoires se comptent par dizaines. Elles montrent une chose : la différence entre l’amateur et le joueur réside dans la régularité, la vigilance et la discipline.
Les premiers se contentent d’un petit prix et jubilent à la moindre victoire. Les seconds cherchent la constance, la performance, et savent qu’elle ne s’obtient qu’avec rigueur.
Mais, paradoxalement, les amateurs trouvent souvent plus de joie dans leur passion : ils vivent la colombophilie sans stress, avec légèreté et plaisir.
Les champions, eux, paient le prix fort : des sacrifices, des heures de travail et un engagement total.
Le prix de la réussite en colombophilie
Atteindre les sommets exige transpiration, régularité et méthode.
Ceux qui vivent pour leurs pigeons méritent leurs succès : ce sont des chercheurs, des observateurs, des techniciens du vivant.
Leur réussite est le fruit d’une rigueur quotidienne.
Voilà pourquoi il est inutile de dépenser des fortunes à la fin de l’année pour acheter de nouveaux pigeons voyageurs. Même si vous en trouvez de qualité, encore faut-il savoir les comprendre et les conduire.
Acheter un pigeon d’un champion sans adopter ses méthodes, c’est comme acheter une voiture de course sans savoir la piloter.
Si vous souhaitez introduire du sang neuf, privilégiez les échanges entre amis ou les marchés.
Mais n’oubliez jamais : on ne peut pas acheter le colombophile en même temps que le pigeon.
Quand les ailes se figent : un phénomène curieux
Le vendredi 11 juillet, à l’Union d’Anvers, on enlogea pour Étampes (± 360 km). À cause du mauvais temps, le lâcher n’eut lieu que le mercredi suivant, après cinq nuits de panier. Le concours se déroula normalement, preuve d’un bon soin.
Pourtant, le lendemain, plusieurs colombophiles remarquèrent que leurs pigeonneaux volaient difficilement, voire plus du tout.
Étrangement, les plus atteints étaient souvent les gagnants ou les premiers arrivés.
Dans mon colombier, cinq jeunes furent touchés, dont mes deux premiers marqués. Aucun ne parvenait à s’élever à plus de trente centimètres du sol.
Ce phénomène n’était pas nouveau : en 1975, après un lâcher retardé de quatre jours, j’avais observé la même chose. Mon premier marqué, rétabli ensuite, ne fit plus jamais de prix.
Le champion William Geerts de Schilde partage la même observation : selon lui, ces pigeons sont perdus pour la compétition.
Les vétérinaires consultés pensent qu’il s’agit d’une lésion musculaire due à un effort brutal après une longue immobilisation. Ce trouble touche rarement les vieux pigeons, mais quand il survient, la récupération est lente et souvent incomplète.
Les seuls remèdes sont repos, chaleur et vitamines.
À ce jour, mon deuxième et mon troisième marqué papillonnent à nouveau autour du colombier. Ce sont de bons sujets : le premier n’a manqué qu’une fois sur neuf enlogements, le second jamais.
Je les garde pour l’avenir, curieux de voir s’ils confirmeront leur valeur comme pigeons d’un an.
Conclusion : le vrai secret du succès
En colombophilie, la réussite n’est pas un hasard.
Elle se construit sur la discipline, la constance et l’amour du pigeon voyageur.
Les grands résultats ne viennent pas des achats spectaculaires, mais de la rigueur quotidienne, de l’observation, et d’un travail constant.
Car le succès ne s’achète pas :
Il se mérite, à force de passion, de patience et de persévérance.
[ Source: Article édité par M. André Roodhooft – Revue PIGEON RIT ]
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